Tout commence en 1982, lorsque Israël entre au Liban pour combattre l’Organisation de libération de la Palestine. C’est dans ce contexte que naît le Hezbollah, soutenu et structuré par l’Iran, avec pour objectif déclaré de combattre la présence israélienne au sud du Liban. Très rapidement, le mouvement adopte une stratégie de guérilla, qui va s’installer dans la durée.
Dans les années 1990, le conflit se durcit. En 1992, le chef du Hezbollah Abbas Moussaoui est tué dans une frappe israélienne, ouvrant la voie à l’ascension de Hassan Nasrallah, figure centrale de l’organisation pendant plus de trois décennies. En 1996, une nouvelle offensive israélienne vise à repousser le Hezbollah au nord du fleuve Litani, mais elle se solde par de lourdes pertes civiles, notamment lors du bombardement du site de l’ONU à Qana.
L’an 2000 marque un tournant : après une longue guerre d’usure, Israël se retire du sud du Liban. Ce retrait est perçu dans le monde arabe comme une victoire stratégique du Hezbollah, qui en sort renforcé politiquement et militairement. Cette dynamique se confirme en 2006, lorsqu’un raid du Hezbollah contre une patrouille israélienne déclenche une guerre d’un mois. Le conflit, d’une intensité inédite, dévaste une partie du Liban, notamment la banlieue sud de Beyrouth, et consacre une nouvelle forme de doctrine militaire israélienne, fondée sur des frappes massives contre les infrastructures du Hezbollah.
Les années suivantes voient une mutation du conflit. En 2008, Imad Moughniyeh, chef militaire du Hezbollah, est tué à Damas dans une opération attribuée à Israël. À partir de 2012, le Hezbollah s’engage massivement dans la guerre civile syrienne aux côtés du régime de Bashar al-Assad, renforçant son expérience militaire et son ancrage régional. Dans le même temps, Israël intensifie ses frappes en Syrie contre des cibles iraniennes et des convois d’armes destinés au Hezbollah, tout en évitant d’ouvrir un front direct au Liban.
Cette ligne de crête vole en éclats après le 7 octobre 2023. Dès le lendemain de l’attaque du Hamas contre Israël, le Hezbollah ouvre un front au nord, tirant des missiles en direction du territoire israélien. S’installe alors une confrontation de basse intensité, faite d’échanges de tirs et de frappes ciblées, principalement le long de la frontière.
L’escalade franchit un nouveau seuil en septembre 2024, lorsque Israël mène une opération sophistiquée visant des membres du Hezbollah à l’aide d’appareils piégés, causant de nombreuses victimes. Quelques jours plus tard, le 27 septembre, Hassan Nasrallah est tué dans une série de frappes massives à Beyrouth, un coup majeur porté à l’organisation. Un cessez-le-feu négocié par les États-Unis entre en vigueur le 27 novembre 2024, mettant officiellement fin aux combats, sans pour autant régler les causes profondes du conflit. Israël continue alors de frapper régulièrement des cibles au Liban pour empêcher le réarmement du Hezbollah.
En mars 2025, dans le contexte de la guerre contre l’Iran, le Hezbollah reprend ses tirs en direction d’Israël, affirmant agir en représailles à des frappes israéliennes et américaines. Une nouvelle phase de confrontation s’ouvre, confirmant que le conflit dépasse désormais le seul cadre libanais pour s’inscrire dans une logique régionale.
Quarante ans après sa création, l'organisation terroriste du Hezbollah demeure ainsi au cœur d’un affrontement structurel avec Israël et la frontière nord l’un des foyers les plus instables du Moyen-Orient.
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