Selon plusieurs experts interrogés par le Wall Street Journal, les frappes menées ces dernières semaines par les États-Unis et Israël n’ont pas permis de neutraliser l’essentiel du programme nucléaire iranien. Malgré des dégâts significatifs, Téhéran conserverait la majorité des capacités nécessaires à la poursuite, voire à l’aboutissement, de ses ambitions nucléaires.
Après cinq semaines de bombardements intensifs, une partie des infrastructures liées à la recherche et au développement d’armes nucléaires a bien été touchée. Des laboratoires ont été détruits, tout comme certaines installations de production de « yellowcake », matière première indispensable à l’enrichissement de l’uranium. Ces frappes auraient également perturbé le programme d’armement, notamment les processus permettant de transformer les matières fissiles en ogives opérationnelles.
Pour autant, ces pertes restent partielles. D’après les mêmes sources, l’Iran dispose toujours de centrifugeuses actives et, surtout, d’un stock estimé à environ 450 kilogrammes d’uranium enrichi, dont une part significative est stockée dans des installations profondément enfouies, notamment sous le site d’Ispahan. Cette réserve constitue aujourd’hui un levier stratégique majeur pour Téhéran dans ses négociations avec Washington.
Les experts soulignent également l’efficacité de la stratégie iranienne fondée sur la multiplication de sites souterrains hautement protégés. Certains complexes, situés à grande profondeur, seraient hors de portée des bombes anti-bunker les plus puissantes dont disposent les États-Unis. Parmi eux figure un réseau de tunnels fortifiés près de Natanz, ainsi qu’un site d’enrichissement déclaré récemment à Ispahan, qui n’a jamais été inspecté par l’Agence internationale de l'énergie atomique, alimentant les inquiétudes de la communauté internationale.
Si les frappes israéliennes ont également ciblé des scientifiques et des infrastructures clés du programme d’armement, provoquant selon certains spécialistes des « goulets d’étranglement » dans le processus de fabrication d’une arme nucléaire, l’ampleur réelle des dégâts reste difficile à évaluer. La capacité de l’Iran à convertir son uranium enrichi en ogive fonctionnelle demeure ainsi la principale inconnue.
Cette résilience du programme nucléaire iranien complique considérablement la donne diplomatique. Les négociations entre Téhéran et Washington, qui se sont tenues ce week-end à Islamabad, se sont soldées par un échec. Les États-Unis exigent un arrêt complet de l’enrichissement, tandis que l’Iran continue de défendre son droit à maintenir, au minimum, une capacité limitée.
Dans ce contexte, le stock d’uranium enrichi apparaît comme l’atout central de Téhéran. Comme le souligne l’ancien responsable américain Eric Brewer, l’Iran ne cédera pas facilement cette ressource stratégique, et pourrait durcir ses exigences lors des prochains cycles de discussions.
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