La Cour suprême israélienne a ordonné ce lundi à Tsahal de lancer, au plus tard en novembre 2026, une phase d’expérimentation visant à intégrer des femmes au sein du corps blindé manœuvrable. Cette décision met un terme à six années de procédure engagée par sept requérantes réclamant un accès égal aux unités combattantes.
Saisie en 2020, la Haute Cour de justice a statué à la majorité, sous l’autorité du vice-président Noam Solberg et des juges Dafna Barak-Erez et Ruth Ronen. Sur le fond, les magistrats ont unanimement rappelé que la législation israélienne garantit une égalité complète d’accès aux fonctions militaires, sauf exception justifiée par la nature même du poste.
Le différend portait sur le calendrier et les modalités d’application. Les juges Barak-Erez et Ronen ont estimé nécessaire de contraindre l’armée à agir sans délai supplémentaire, rendant ainsi définitif un ordre conditionnel exigeant le lancement des essais dès le prochain cycle de recrutement de novembre 2026. À l’inverse, le juge Solberg a plaidé pour une approche progressive, invoquant les contraintes opérationnelles et budgétaires pesant sur l’institution militaire.
Au cours de la procédure, le dossier a été reporté à trois reprises, notamment en raison du contexte sécuritaire. Initialement prévue pour 2024, l’expérimentation avait été successivement repoussée à 2025 puis à 2026. La juge Barak-Erez a vivement critiqué ces reports, les qualifiant d’« entrave généralisée », ajoutant que « justice différée est justice refusée ».
Dans leurs attendus, les magistrats ont également souligné l’évolution du rôle des femmes au sein des forces armées, notamment depuis les combats déclenchés après les attaques du 7 octobre 2023. La juge Ronen a évoqué une véritable « étude de terrain », estimant que cette période avait apporté des preuves concrètes des capacités opérationnelles des femmes, y compris dans des environnements de combat intensif.
L'intégration des femmes dans le corps blindé est toutefois décrié par de nombreuses voix, notamment dans le secteur national religieux, qui estiment que la promiscuité entre hommes et femmes dans un char de combat est nuisible à la capacité opérationnelle des soldats.
Les requérantes, parmi lesquelles figuraient des candidates à l’enrôlement et d’anciennes recrues dont la formation avait été interrompue, réclamaient une égalité stricte : servir dans les mêmes conditions que les hommes, sans aménagement ni restriction.
Tous les juges ont néanmoins reconnu que cette question dépasse le seul cadre de l’égalité. Tsahal fait actuellement face à une pénurie estimée à environ 12 000 combattants. Dans ce contexte, l’intégration accrue des femmes est également perçue comme un impératif opérationnel.
Depuis le dépôt de la requête, certaines avancées ont été enregistrées, avec l’ouverture progressive de postes aux femmes dans des unités d’élite. La décision de la Cour pourrait ainsi marquer une étape décisive vers une intégration plus large au sein des forces combattantes israéliennes.
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