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Après des semaines sous tension, ce que les psychologues observent chez les enfants et les adultes

Quand la menace s’éloigne, le corps et l’esprit ne reviennent pas toujours immédiatement à la normale.

2 minutes
14 avril 2026

ParDelphine Miller

Après des semaines sous tension, ce que les psychologues observent chez les enfants et les adultes
Unsplash

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Les alertes s’espacent parfois, mais le corps, lui, ne suit pas au même rythme. Chez les enfants comme chez les adultes, le contre-coup apparaît souvent quand la pression retombe un peu. Dans un entretien accordé à IsraJ, la psychologue clinique Milca Adrey, de l’association Yahad Bekesher, décrit des réactions fréquentes et généralement transitoires après une exposition prolongée à des menaces vitales. Hypervigilance, sursauts au moindre bruit, impression d’entendre encore une alerte, troubles du sommeil, de l’appétit, fatigue soudaine : pour beaucoup, c’est précisément après que quelque chose se dérègle.

Chez les enfants, ce décalage prend parfois des formes très concrètes. Un enfant qui ne veut plus quitter son parent, un autre qui refuse de dormir seul, des réactions d’opposition, des régressions, parfois même une perte de contrôle des sphincters. Pour les familles, ces signes peuvent être déstabilisants. Mais ils ne traduisent pas nécessairement un trouble installé. Ils peuvent être la réponse normale d’un enfant qui a vécu pendant des semaines au rythme des sirènes, des courses vers l’abri et d’une peur devenue presque quotidienne.

Chez les adultes, le mécanisme est souvent plus silencieux, mais pas moins brutal. Tant que le danger est là, beaucoup avancent en mode automatique : il faut gérer, protéger, organiser, tenir. Puis vient le moment où la tension se relâche un peu, et où le psychisme commence enfin à enregistrer ce qu’il a traversé. C’est là que peuvent surgir des crises de peur, une grande tristesse, une sensation de vide, un épuisement physique ou émotionnel, parfois même une fragilité passagère face à la maladie. Ces manifestations sont souvent réactionnelles et disparaissent en général au bout de quelques jours ou de quelques semaines.

Dans un pays où une partie de la population reste exposée à la menace tandis que d’autres vivent des accalmies relatives, cette parole vient mettre de l’ordre dans ce que beaucoup ressentent sans toujours le comprendre. Le message est simple : il n’y a rien d’anormal à ne pas aller bien tout de suite. Chez les enfants comme chez les adultes, reconnaître ce contre-coup, c’est déjà commencer à en sortir.

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