Israël

Lutte contre la criminalité dans le secteur arabe: un haut responsable pointe l'attitude de la conseillère juridique du gouvernement

Le nombre de meurtres au sein de la société arabe en Israël dépasse déjà la barre des 100 victimes depuis le début de l'année.

4 minutes
23 avril 2026

ParGuitel Benishay

Lutte contre la criminalité dans le secteur arabe: un haut responsable pointe l'attitude de la conseillère juridique du gouvernement
Photo by Oren Ben Hakoon/Flash90

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Alors que le nombre de meurtres au sein de la société arabe en Israël dépasse déjà la barre des 100 victimes depuis le début de l'année, une lettre officielle explosive vient d'être rendue publique. Son auteur, Roï Kahlon, est le responsable du service de lutte contre la criminalité dans la société arabe au sein du bureau du Premier ministre. Il y accuse la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, d'entraver systématiquement l'application des décisions de l'exécutif au mépris des instructions explicites du Premier ministre Netanyahou.

Le courrier a été envoyé en copie au Premier ministre, aux membres de la sous-commission de lutte contre la criminalité arabe, au secrétaire général du gouvernement, à la conseillère juridique elle-même et au commissaire général de la police. Kahlon y dresse un tableau accablant d'une administration judiciaire qui, selon lui, aurait méthodiquement ignoré les directives du chef du gouvernement, érodant la capacité de l'État à protéger ses citoyens et portant atteinte à la sécurité nationale.

Trois domaines précis dans lesquels la conseillère juridique aurait paralysé l'action gouvernementale sont identifiés dans la lettre.

La paralysie de la "cellule de crise". Dès le début de l'année 2024, face à l'état d'urgence sécuritaire, Netanyahou avait ordonné que la cellule de commandement anti-criminalité - un organe réunissant la conseillère juridique, le commissaire de police, le procureur de l'État, le directeur de l'administration fiscale et d'autres responsables de l'application de la loi - se réunisse chaque semaine, à la manière d'un « cabinet criminalité ». Malgré cette directive explicite, Baharav-Miara n'a pas convoqué cet organe à une fréquence raisonnable. Lorsqu'elle a finalement répondu aux interpellations répétées, des mois plus tard, c'était pour affirmer que le rôle de cette cellule se limitait à « définir la politique » et non à « l'exécution opérationnelle ». Kahlon rejette fermement cette interprétation, estimant qu'elle « vide de sens » la mission de la cellule, créant selon lui un « vide managérial et stratégique dangereux ».

L'exclusion de Kahlon des délibérations. Netanyahou avait également ordonné que Kahlon, ancien procureur, soit intégré aux réunions de la cellule afin d'assurer la coordination entre le gouvernement et les forces de l'ordre. Au lieu de formuler une objection de fond lors des débats, les représentants de la conseillère juridique auraient agi dans l'ombre : selon Kahlon, après la réunion concernée, ils auraient contacté le Conseil de sécurité nationale pour faire supprimer du procès-verbal la directive du Premier ministre, au motif que Kahlon est subordonné au niveau politique. Une démarche d'autant plus troublante que la conseillère juridique autorise, selon Kahlon, la participation de fonctionnaires de la direction du budget au Trésor à ces mêmes réunions bien que ces derniers soient eux aussi subordonnés à un ministre. Netanyahou aurait insisté pour maintenir la directive, qui n'a pourtant pas été appliquée à ce jour.

Le blocage de la réforme législative de fond. En mai 2025, Netanyahou avait ordonné l'élaboration d'une modification législative majeure : l'application aux organisations criminelles violentes du cadre juridique réservé aux organisations terroristes. Les représentants du conseil juridique auraient repoussé à plusieurs reprises les réunions de travail urgentes sur ce sujet. Ce n'est que des mois plus tard, lors de l'examen d'une proposition de loi privée du député Zvika Fogel (Otzma Yehudit), approuvée en commission ministérielle, que la conseillère juridique a indiqué qu'elle s'opposait à une telle démarche. Une position qui, selon Kahlon, avait été dissimulée au Premier ministre en temps réel au sein de la sous-commission.

Le tableau brossé par cette lettre est celui d'une institution judiciaire qui bloque activement les tentatives de l'exécutif de rétablir souveraineté et sécurité dans les rues. « Une conduite dénuée d'autorité légitime, qui porte une atteinte réelle à l'effort national de lutte contre les organisations criminelles et à la capacité de l'État d'Israël à protéger ses citoyens », conclut Kahlon, exigeant une application pleine et immédiate des directives du Premier ministre.


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