Ces discussions interviennent alors que l’accord actuel, signé en 2016 sous l’administration Obama et entré en vigueur en 2019, arrive à échéance en 2028. Il prévoit un soutien massif de 38 milliards de dollars sur dix ans, soit 3,3 milliards annuels destinés à l’achat d’équipements militaires américains, auxquels s’ajoutent environ 500 millions de dollars pour le développement de systèmes de défense, notamment antimissiles .
Le futur accord devrait marquer une rupture profonde. Selon les premières indications, les aides financières directes destinées à l’achat d’armement diminueront progressivement chaque année. En parallèle, la coopération technologique entre les deux pays devrait s’intensifier, notamment dans des domaines stratégiques comme les armes à énergie dirigée (laser), la défense face aux missiles hypersoniques ou encore l’intelligence artificielle .
L’idée est claire : passer d’un modèle de dépendance financière à un partenariat fondé sur l’innovation et le développement conjoint.
Ce virage s’inscrit dans une évolution plus large du climat politique américain. Le consensus bipartisan en faveur d’une aide militaire à Israël s’est érodé ces dernières années. Côté démocrate, les critiques se multiplient, notamment sur la politique israélienne à Gaza. Côté républicain, certains estiment que ce soutien entre en contradiction avec la doctrine « America First ».
Résultat : l’aide américaine, longtemps considérée comme acquise, apparaît désormais moins garantie. Certains responsables israéliens redoutent même que les dernières administrations favorables — de Donald Trump à Joe Biden - marquent la fin d’une époque.
Aujourd’hui, l’aide américaine représente environ 0,5 % du PIB israélien et près de 15 % du budget de la défense. Sa disparition progressive obligera Israël à compenser sur ses propres ressources. Or, les besoins ne cessent de croître. Le budget de la défense a récemment atteint 144 milliards de shekels, avec des demandes pour le porter à 177 milliards. À cela s’ajoutent des programmes d’armement massifs : avions de combat, ravitailleurs, hélicoptères, navires, satellites et systèmes de défense avancés .
Le gouvernement prévoit une augmentation globale de 350 milliards de shekels sur dix ans, soit environ 35 milliards supplémentaires par an. Mais même cette hausse pourrait s’avérer insuffisante face aux défis sécuritaires multiples - Iran, Hezbollah, Gaza - qui pèsent sur le pays.
Autre enjeu : les engagements financiers déjà contractés auprès des industriels américains. Israël pourrait se retrouver avec plusieurs milliards de dollars de dettes à honorer à partir de 2028, qui devront être intégrées dans le futur accord ou assumées sur fonds propres .
Surtout, cette transition ne sera pas sans coût pour la société israélienne. Le renforcement du budget militaire devrait se faire au détriment d’autres secteurs clés, notamment la santé, l’éducation et les services sociaux.
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