C'est un échec documenté, qui a entrainé la mort d'un combattant israélien mais aussi d'un civil ces derniers jours. Alors que la menace des drones explosifs guidés par fibre optique était connue et répertoriée de longue date au sein de l'armée israélienne, presque rien n'a été fait pour y répondre malgré des avertissements répétés, des réunions à la Knesset et même le recrutement d'un officier ukrainien aguerri à ce type de combat.
Pourquoi ces drones sont-ils si redoutables?
Véritable défi pour les défenses antiaériennes modernes, les drones explosifs du Hezbollah, désormais équipés d'un guidage par fibre optique, redéfinissent la guerre asymétrique. En déroulant un fil physique durant leur vol, ces engins deviennent totalement insensibles au brouillage électronique, rendant caduques les bulles de protection radio habituelles. Cette liaison filaire assure au pilote un flux vidéo haute définition sans aucune interférence jusqu'à l'impact, permettant une précision chirurgicale contre des cibles mobiles ou blindées. Indétectables par les scanners de fréquences et capables de contourner les obstacles géographiques, ces appareils à bas coût imposent une menace constante et imprévisible, capable de saturer les systèmes de détection les plus sophistiqués.
Les modèles utilisés ont une portée allant de 10 à 15 kilomètres. Ils sont capables de frapper avec une précision chirurgicale, ciblant par exemple des chars Merkava ou des véhicules de transport de troupes.
Que fait Tsahal?
Le correspondant militaire de Galei Tsahal, Doron Kadoch, dévoile les éléments qui explique ce raté et les mesures qui devraient être prises.
Tsahal avait pris la mesure du danger bien avant que celui-ci ne frappe ses soldats. L'armée est allée jusqu'à recruter un officier ayant combattu dans les rangs de l'armée ukrainienne, où ces engins sont massivement utilisés depuis début 2024, afin d'en tirer les enseignements. Affecté à l'état-major de la planification au sein d'une cellule dédiée aux drones, cet officier a multiplié les rapports et les mises en garde mais sans effet.
Dès mai 2025, soit il y a tout juste un an, le chef des opérations de l'époque, le général Oded Basyuk, avait diffusé une directive formelle à l'ensemble des organes concernés: l'armée de terre, la planification, les commandements Nord et Sud en exigeant une préparation face à cette menace. Le document mentionnait explicitement les besoins opérationnels, défensifs et offensifs, en matière de détection et de neutralisation de ces drones, et formulait des recommandations précises : sensibiliser les troupes, réduire les mouvements en terrain découvert en plein jour, favoriser les déplacements nocturnes, déployer des filets de camouflage. Tout était écrit, tout était sur la table. Rien n'a été fait.