Naftali Bennett fixe le cap. L’accord avec Yair Lapid ne relève pas d’un simple calcul électoral. Il s’agit d’un projet de pouvoir. Bennett revendique la direction du bloc et se projette ouvertement à la tête du prochain gouvernement. La création de la liste commune "Beyahad" marque une tentative de restructuration du paysage politique. L’objectif consiste à transformer une opposition fragmentée en force capable de battre Benjamin Netanyahu.
Face aux critiques, Bennett refuse toute idée de glissement vers le centre et affirme, au contraire, incarner la véritable droite israélienne. Il insiste sur le fait qu’il ne renonce à aucun électeur et qu'il s’adresse directement à ceux qui ont soutenu la coalition actuelle avec pour objectif de les convaincre que son alliance n’est pas une rupture mais un élargissement stratégique.
Sur les questions de sécurité intérieure. Bennett accuse le gouvernement d’avoir perdu le contrôle de certaines régions, notamment le Néguev, décrit une situation dégradée et promet un retour à l’ordre. Sur la guerre, il avance avec prudence. Il soutient la nécessité de vaincre le Hamas et laisse laisse entendre qu’il dispose de solutions qu’il a déjà proposées en coulisses.
Au-delà de la critique, Bennett développe une vision, parle d’une renaissance israélienne et évoque un pays qu’il juge affaibli et qu’il veut relancer en profondeur. Son projet repose sur plusieurs axes structurants. Il souhaite renforcer l’immigration juive à grande échelle, entend améliorer la position internationale d’Israël et promet des réformes dans l’économie, dans l’éducation et dans les infrastructures.
Bennett met en avant des mesures concrètes : création d'une commission d’enquête sur le 7 octobre dès le début de son mandat, limlitation de la durée de fonction du Premier ministre et réduction du nombre de ministères.
Son évolution la plus notable concerne la question institutionnelle. Il soutient désormais l’adoption d’une Constitution, estimant que les événements récents ont montré la nécessité de règles plus claires.
Une ligne ferme sur les ultra-orthodoxes
Sur un sujet sensible, Bennett adopte une position directe. Il veut modifier en profondeur les mécanismes d’incitation. Il estime que le système actuel décourage l’engagement dans l’armée et dans le marché du travail. Il propose d’arrêter certains financements et de développer des parcours éducatifs intégrant des matières générales. L’objectif consiste à favoriser l’intégration sans rompre totalement avec ce public.
Une stratégie d’ouverture contrôlée
Bennett ne se limite pas à son alliance actuelle. Il appelle à un élargissement du bloc, tend la main à Gadi Eisenkot et évoque aussi la possibilité d’intégrer le Likud. Mais cette ouverture s’accompagne de conditions strictes qu'il entend lui-même fixer .
Au fil des entretiens, un fil conducteur apparaît. Bennett cherche à dépasser les fractures internes et insiste sur la nécessité de rassembler une société divisée. Il affirme vouloir diriger un pays où aucun citoyen ne se sentirait exclu et tente ainsi de répondre à une fatigue politique profonde, marquée par des années de tensions internes.
Ces prises de parole révèlent une stratégie cohérente. Bennett cherche à s’imposer comme chef naturel de l’opposition, tente de reconquérir la droite sans renoncer à une alliance centrale, propose une alternative structurée au pouvoir actuel et mise enfin sur une promesse d’unité pour séduire un électorat fragmenté.
Reste une inconnue. Cette équation politique, aussi ambitieuse soit-elle, devra désormais passer l’épreuve la plus décisive : celle des urnes.
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