« Nous vivons sous une autorité étrangère. » C'est en ces termes que Yariv Ben Ami, agriculteur et chef d'entreprise dont la famille est établie à Metula depuis 130 ans, décrit la réalité du Galilée dans un entretien choc accordé à la chaine israélienne C14 hier soir (dimanche). Une réalité qui touche, selon lui, l'ensemble des commerces et des agriculteurs de la région.
Le principe est maléfique: des gangs armés mettent les citoyens devant un choix: payer des frais de protection ou voir leur commerce/champ/outils de travail partir en fumée.
Pas plus tard que la semaine dernière, des autobus d'une compagnie de transports de Rosh Pina ont été incendiés parce que les propriétaires refusaient de payer des ''frais de protection'' à un gang mafieux.
Ben Ami pointe du doigt des gangs armés opérant principalement depuis le village de Kfar Tuba. « Il n'y a pas un seul commerce qui ne paie pas ou qui n'a pas été touché », affirme-t-il. Son entreprise familiale a elle-même subi des attaques répétées : grenades, armes automatiques, destruction d'une moissonneuse-batteuse par incendie. Malgré ces pressions, il affirme n'avoir jamais cédé aux exigences des extorqueurs : « Vous me demandez si j'ai payé ? Non, jamais. »
Ce phénomène inquiétant est répandu au nord et au sud d'Israël auprès des agriculteurs et des commerçants et commence à s'étendre au reste du pays.
Face à cette situation, Ben Ami a fondé le mouvement "Ad Kan" (Jusque là) reposant sur trois principes fondateurs : le refus absolu de payer ces gangs mafieux, l'action à visage découvert pour briser la culture de la peur, et la solidarité mutuelle entre commerçants victimes. « Nous appelons l'ensemble de la population à ne pas céder à l'extorsion, quoi qu'il arrive », martèle-t-il.
Cet agriculteur décrit un quotidien sous la menace permanente et explique que les compagnies d'assurance refusent de prolonger leurs contrats avec les victimes de ce chantage mafieux. C'est pourquoi, l'association Ad Kan appelle avant tout à une prise en charge par le biais d'un fonds étatique des dédommagements matériels. ''Si une machine ou une maison est touchée par une roquette, l'Etat paie des compensations, cela devrait être la même chose lorsqu'il s'agit d'un acte criminel lié à une extorsion mafieuse'', estime Ben Ami.
Les ministres Smotrich et Ben Gvir ont été directement contactés afin qu'ils agissent pour mettre en place un tel système: ''Nous attendons une réponse de leur part dès cette semaine'', a confié l'agriculteur, ''Nous ne pouvons pas continuer à vivre sous cette menace''.
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