Sécurité

Gaza : le Hamas refuse de désarmer, quels scénarios pour Israël ?

Jérusalem se retrouve face à un dilemme stratégique majeur : intensifier l’offensive, miser sur l’usure ou tenter de remodeler durablement la réalité de Gaza.

3 minutes
6 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Gaza : le Hamas refuse de désarmer, quels scénarios pour Israël ?
Crédit : Tsahal

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Pour Israël, le dilemme est stratégique. L’objectif affiché depuis octobre 2023 reste inchangé : empêcher durablement Gaza de redevenir une menace militaire. Mais après des mois de guerre, plusieurs scénarios commencent à émerger dans les cercles sécuritaires israéliens.

Le scénario considéré comme le plus probable repose sur une poursuite graduelle des opérations militaires israéliennes, sans retour immédiat à une offensive totale. L’idée serait d’avancer secteur par secteur dans les zones encore sous influence du Hamas, principalement dans le nord et le centre de la bande de Gaza. Avant chaque opération, Tsahal chercherait à évacuer les civils, isoler les zones visées puis détruire méthodiquement les infrastructures militaires restantes, notamment les tunnels et centres de commandement. Une approche qui permettrait à Israël de maintenir une pression constante sur le Hamas tout en limitant, autant que possible, l’usure de l’armée et la mobilisation massive de réservistes.

Autre option envisagée : laisser le temps jouer contre le Hamas. Selon plusieurs analyses israéliennes, l’organisation est aujourd’hui plus isolée qu’auparavant. L’axe régional qui la soutenait s’est fragilisé, tandis que plusieurs États arabes cherchent avant tout la stabilité régionale après les tensions liées à l’Iran et au Hezbollah. Dans cette logique, Israël pourrait continuer à contrôler les accès à Gaza, limiter les capacités de reconstruction du Hamas et favoriser l’émergence d’alternatives locales au mouvement islamiste. L’objectif serait d’affaiblir progressivement son emprise sur la population sans nécessairement lancer une vaste reconquête immédiate de toute l’enclave.

Depuis plusieurs mois, des informations font état de contacts croissants entre Israël et certaines grandes familles ou clans palestiniens opposés au Hamas. Dans certains secteurs de la bande de Gaza, ces groupes locaux auraient commencé à jouer un rôle sécuritaire ou logistique, parfois en coordination indirecte avec Tsahal. Pour Israël, ces acteurs pourraient représenter une alternative partielle au pouvoir du Hamas dans certaines zones. Une stratégie toutefois extrêmement fragile. Le Hamas conserve une forte capacité d’intimidation et toute collaboration avec Israël expose ces groupes à des représailles violentes.

Un autre scénario évoqué serait la consolidation d’une forme de séparation sécuritaire durable autour de Gaza. Israël contrôle aujourd’hui plusieurs axes stratégiques et a considérablement élargi les zones tampons autour de l’enclave. Certains responsables sécuritaires estiment que cette nouvelle réalité pourrait devenir permanente afin d’empêcher toute reconstitution rapide des capacités militaires du Hamas. Dans ce cadre, Gaza pourrait rester fragmentée entre différentes zones sous contrôle sécuritaire israélien, international ou local, sans véritable souveraineté centrale.

Sujet longtemps marginal dans le débat public israélien, l’idée d’encourager le départ volontaire d’une partie de la population gazaouie revient désormais régulièrement dans certaines discussions politiques. Les partisans de cette approche considèrent qu’une diminution démographique réduirait mécaniquement la base de soutien du Hamas et transformerait durablement la réalité de l’enclave. Un scénario qui soulève d’immenses questions diplomatiques, humanitaires et juridiques. Aucun pays n’a, à ce stade, accepté d’ouvrir largement ses portes à des habitants de Gaza.

Reste enfin l’option la plus lourde : une reprise d’opérations militaires massives visant à prendre le contrôle complet des zones encore dominées par le Hamas. Un tel scénario nécessiterait une mobilisation importante et risquerait de provoquer de nouvelles tensions internationales. Mais pour une partie de l’establishment sécuritaire israélien, il pourrait devenir inévitable si le Hamas parvient à se réorganiser militairement ou refuse toute évolution politique.

Pour l’instant, Israël semble privilégier une stratégie d’usure progressive. Mais une chose apparaît de plus en plus claire : tant que le Hamas conservera ses armes et son pouvoir à Gaza, la guerre, même moins visible, restera ouverte.

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