C'est lors d'une conférence organisée par la Fondation Berl Katznelson que Shikma Bressler, figure centrale du mouvement de protestation contre le gouvernement, a tenu les propos qui ont depuis enflammé le débat public. Un enregistrement de l'intervention qui s'est déroulée le 7 mai dernier, rapidement diffusé sur les réseaux sociaux, l'a rendue accessible à un large public et provoqué un emballement médiatique.
S'exprimant sur la place de la prière religieuse "Adon Olam" dans le système éducatif public, Bressler a livré un témoignage personnel avant de formuler une déclaration perçue comme menaçante à l'égard du personnel enseignant : "En classes de CP et CE1, j'étudiais dans une école à Givat HaMoreh, au-dessus d'Afula, et chaque matin nous chantions Adon Olam. Si quelqu'un faisait chanter 'Adon Olam' à mes filles aujourd'hui, je retournerais une chaise sur la tête du directeur - à ce point-là."
La réaction la plus formelle est venue de l'organisation "Meirim", qui représente des associations de parents d'élèves à travers tout le pays. Estimant que les propos de Bressler constituaient une incitation à la violence et des menaces caractérisées envers des membres du corps enseignant, l'organisation a déposé une plainte officielle auprès de la police dans les heures suivant la diffusion de l'enregistrement.
Dans son communiqué, "Meirim" a insisté sur la gravité particulière de ces déclarations eu égard au statut public de leur auteure : cheffe d'un mouvement de protestation comptant des dizaines de milliers de partisans, ses mots ont selon l'organisation un effet de légitimation de la violence qu'une personne ordinaire n'aurait pas. L'organisation insiste aussi sur le fait qu'un enseignant qui ferait chanter 'Adon Olam' à ses élèves ne contreviendraient à aucune règle bien au contraire, il se conformerait aux instructions du ministère de l'Education qui prévoient la transmission aux élèves des traditions d'Israël.
L'affaire survient dans un contexte déjà tendu pour le corps enseignant israélien. Dans son courrier au ministre de l'Éducation, l'organisation "Meirim" a rappelé que la violence contre les enseignants et dans les établissements scolaires "bat des records", citant plusieurs incidents graves survenus récemment. Les propos de Bressler sont ainsi perçus comme particulièrement inopportuns et potentiellement aggravants dans ce climat.
Outre le ministre de l'Education, l'organisation Meirim a interpellé la Secrétaire générale du syndicat des enseignants, Yaffa Ben David, lui demandant de condamner les propos de Bressler.
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