Demain (vendredi), cela fera 59 ans que la capitale Jérusalem a été réunifiée avec la conquête de la partie orientale pendant la guerre des Six Jours.
À l'occasion de ce Yom Yeroushalayim, le Bureau central des statistiques d'Israël (CBS) a publié un portrait démographique complet de la capitale. Avec 1 063 000 habitants, Jérusalem est la plus grande ville d'Israël et l'une des plus singulières par sa composition, sa fécondité et ses dynamiques migratoires.
Une population d'1,06 million d'habitants à la composition unique
Fin 2025, Jérusalem compte 1 063 000 habitants, ce qui en fait la ville la plus peuplée d'Israël. Sa composition est radicalement différente de celle de Tel-Aviv ou Haïfa :
56,6 % de Juifs et autres
38,4 % d'Arabes
4,9 % d'étrangers
Au sein de la population juive, les orthodoxes représentent 29,2 % de l'ensemble des habitants de la ville, soit environ la moitié de la composante juive.
Une croissance démographique portée par la natalité, freinée par l'émigration interne
En 2025, la population de Jérusalem a augmenté de 13 100 personnes. Cette progression résulte de trois dynamiques distinctes :
+21 000 personnes grâce à l'accroissement naturel (naissances moins décès)
+1 500 personnes grâce au solde migratoire international
-8 300 personnes en raison d'un solde migratoire interne négatif, ce qui signifie qu'il y a plus d'habitants de Jérusalem qui quittent la ville pour vivre ailleurs en Israël que de personnes qui s'y installent
La population étrangère résidant à Jérusalem a par ailleurs augmenté de 4 600 personnes par rapport à 2024.
Qui quitte Jérusalem, qui y arrive ?
Les principales villes d'origine des nouveaux arrivants à Jérusalem sont Beit Shemesh, Bnei Brak et Tel-Aviv. Les habitants de Jérusalem qui partent s'installent principalement à Beit Shemesh, Tel-Aviv, Givat Zeev, Mevasseret Zion et Modi'in-Maccabim-Reut.
L'analyse par âge des flux migratoires internes révèle un phénomène structurel : les familles avec enfants quittent la ville plus qu'elles n'y entrent. Parmi les personnes qui quittent Jérusalem, 37,4 % ont entre 0 et 19 ans, contre seulement 33,6 % parmi celles qui y arrivent. À l'inverse, les 20-29 ans sont surreprésentés parmi les entrants (35,5 %) par rapport aux sortants (29,7 %). Le CBS en conclut que ce sont davantage les jeunes adultes sans enfants qui choisissent de s'installer à Jérusalem, tandis que les familles tendent à la quitter.
Mariage et fécondité : une ville qui suit un calendrier démographique différent
En 2024, l'âge moyen au premier mariage est significativement plus bas que la moyenne nationale à Jérusalem: 25.5 ans pour les hommes contre 27.3 dans le reste du pays et 23.4 ans pour les femmes contre 25.6 dans le reste du pays.
Le CBS explique cet écart par la surreprésentation, à Jérusalem, de deux populations caractérisées par des mariages précoces : la communauté musulmane et la communauté orthodoxe, toutes deux plus fortement représentées dans la capitale qu'à l'échelle nationale.
Le taux de fécondité total à Jérusalem s'élève à 3,68 enfants par femme, contre 2,89 à l'échelle nationale. Cet écart est particulièrement marqué chez les femmes juives et autres : 4,39 enfants par femme à Jérusalem, contre 2,96 en moyenne nationale. Chez les femmes arabes, le taux est de 2,79 à Jérusalem, contre 2,61 au niveau national. L'âge moyen à la première naissance est de 25,0 ans à Jérusalem, soit près de trois ans de moins que la moyenne nationale (27,8 ans).