Culture

Quand les arts japonais et la Judée-Samarie se rencontrent

Une Franco-Israélienne ayant vécu à Tokyo organise des ateliers qui parlent au corps et à l’âme.

3 minutes
17 mai 2026

ParJohanna Afriat

Quand les arts japonais et la Judée-Samarie se rencontrent
L'art japonais du sumi-e Photo : Ilana Assayag

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Ilana Assayag avait toujours été attirée par le Japon. Professeure d’arts plastiques et de yoga, elle ressentait un intérêt particulier pour la culture de ce pays et sa philosophie ancestrale. Pour autant, cette Franco-Israélienne installée à Kfar Adoumim n’aurait jamais imaginé y vivre.

Le destin a cependant plus d’un tour dans son sac, et son mari, ingénieur chez Mobileye, a reçu en 2021 une proposition de mutation à Tokyo pour quelques années. C’est ainsi que le couple et ses quatre enfants – dont un nourrisson – a débarqué un jour d’avril dans la capitale japonaise, en pleine pandémie de Covid-19.

Après des premiers mois chaotiques, la famille s’est peu à peu adaptée. Pratiquante, elle a pu compter sur la précieuse aide des émissaires 'Habad locaux, sans lesquels l’acclimatation aurait été bien plus difficile. Les enfants, inscrits à l’école française, ont peu à peu trouvé leurs marques ; quant à Ilana, elle a entrepris d’épancher sa curiosité pour les arts japonais.

La jeune femme a tout d’abord suivi des cours de cuisine japonaise pendant trois ans et demi avec un chef local qui se déplaçait à son domicile, adaptant chaque recette aux contraintes de la cacherout.

Dans le même temps, l’expatriée s’est formée à l’art très délicat du kintsugi, une technique traditionnelle qui consiste à réparer des céramiques brisées en remplissant les fissures avec une laque saupoudrée d’or ou d’argent. Plutôt que de cacher les cassures, le kintsugi les souligne et les met en valeur, en faisant de l’objet réparé quelque chose d’unique. Au-delà de l’aspect esthétique, cette pratique, liée à la philosophie japonaise du wabi-sabi,valorise la beauté de l’imperfection et du passage du temps.

Ilana a également appris l’art floral ainsi que le sumi-e, l’art de la peinture à encre, qui véhicule lui aussi une véritable philosophie de vie. La jeune femme dit avoir découvert de nombreuses similitudes entre certaines de ces conceptions et le judaïsme.

Septembre 2025 a sonné l’heure du départ pour Ilana et sa famille, après quatre années au pays du soleil levant. Depuis son retour, la Franco-Israélienne enseigne tout ce qu’elle a appris, d’autant que certains de ces arts portent une dimension thérapeutique qui rencontre en Israël un écho particulier.

Elle a ainsi dirigé des ateliers de kintsugi pour des résidents de kibboutzim attaqués le 7 octobre ainsi que pour une famille endeuillée dont le fils est tombé au combat. « Cet art porte en lui un très fort message d’espoir qui affirme que la vie et la beauté sont présentes même dans la cassure. Les participants étaient très touchés », raconte Ilana qui a le sentiment de « boucler une boucle ». « Mon mari, officier de Tsahal, et moi avons été très frustrés de ne pas être en Israël après le 7 octobre. Mais aujourd’hui, j’espère prendre part à ma manière à la reconstruction du pays et contribuer, à travers l’art, à réparer les âmes. »

 

Ilana-assayag.com

Instagram : @Ilana.in.tokyo

Pour organiser un atelier : 054-5765702

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