La guerre contre l’Iran est suspendue par un cessez-le-feu prolongé, mais fragile, dont personne ne sait encore s’il débouchera sur un accord durable ou sur une nouvelle séquence militaire. Une chose paraît déjà certaine : ce conflit, d'après l’Atlantic Council, laissera une empreinte profonde au Moyen-Orient.
Le premier impact concerne l’Iran lui-même. Le régime sort de la guerre affaibli, plus méfiant, plus nerveux et avec une direction moins expérimentée. Il conserve encore une partie de ses instruments de répression et devrait, comme par le passé, donner la priorité à la neutralisation de toute opposition interne. Mais sa capacité à contrôler pleinement l’ensemble du territoire pourrait être entamée. Dans un pays traversé par de fortes tensions sociales, politiques et ethniques, cet affaiblissement pourrait ouvrir la voie à des mouvements de contestation plus actifs.
Cette fragilité ne signifie pas nécessairement un Iran plus modéré. L’un des risques est celui d’une fuite en avant nucléaire. Si les États-Unis et l’Iran parviennent à un accord destiné à limiter les capacités nucléaires de Téhéran, le régime pourrait tirer une conclusion inquiétante : sa stratégie de « seuil nucléaire », consistant à rester proche de l’arme sans la franchir officiellement, aurait échoué. S’il conserve de l’uranium enrichi ou la capacité de reconstruire rapidement ses installations, il pourrait être tenté de courir vers une capacité nucléaire démontrée, afin de restaurer sa dissuasion.
La guerre devrait aussi modifier le rôle des États-Unis dans la région. Depuis plusieurs années, Washington affirme vouloir réduire son implication au Moyen-Orient. Mais les crises successives montrent à quel point ce désengagement reste difficile. Le lien militaire avec Israël s’est resserré, notamment à travers la poursuite des livraisons d’équipements pendant la guerre. Mais Washington devra probablement rester impliqué dans la sécurisation du détroit d’Ormuz, passage vital pour l’énergie mondiale. Les monarchies du Golfe continueront elles aussi à rechercher l’appui américain.
Pour Israël, le bilan stratégique est plus complexe. Sur le plan opérationnel, la guerre a pu démontrer des capacités militaires, de renseignement et de coordination considérables. Mais selon l’Atlantic Council, ces succès ne suffiront pas s’ils ne sont pas transformés en gains politiques durables. Une victoire militaire peut devenir un fardeau stratégique si elle nourrit un récit régional hostile et si elle ne débouche pas sur une architecture de sécurité plus stable.
Aux États-Unis, la guerre contre l’Iran est déjà impopulaire dans une partie de l’opinion. L’incapacité de Washington à expliquer clairement les raisons profondes de son engagement a favorisé un récit simplificateur : Israël aurait entraîné les États-Unis dans la guerre. Plus les Américains ressentiront les conséquences économiques du conflit, notamment sur les prix de l’énergie et le coût de la vie, plus ce récit pourrait peser sur les relations entre Washington et Jérusalem.
La détérioration pourrait aussi venir du monde arabe. L’hostilité régionale envers Israël risque de s’aggraver. Dans une partie de l’opinion arabe, la guerre contre l’Iran n’est pas perçue comme un épisode isolé, mais comme un élément d’une dynamique israélienne plus large, qui engloberait Gaza, la Judée-Samarie, la Syrie, le Liban et même le Qatar. Les États-Unis, vus comme les protecteurs ou les facilitateurs de cette politique, pourraient eux aussi voir leur image se dégrader davantage.
Le danger, au fond, est celui d’un Moyen-Orient encore plus instable après la guerre qu’avant.
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