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La Turquie ravive la « patrie bleue » et rallume les tensions en Méditerranée

Ankara s’apprête à inscrire dans la loi cette doctrine qui revendique une large zone d’influence turque en mer Noire, en mer Égée, en Méditerranée orientale et en mer de Marmara.

2 minutes
18 mai 2026

ParNathalie Sosna Ofir

La Turquie ravive la « patrie bleue » et rallume les tensions en Méditerranée
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Le texte, qui doit être présenté au Parlement dans les prochaines semaines, vise à consolider juridiquement les revendications maritimes d’Ankara et à donner à la présidence turque des pouvoirs élargis dans ce domaine.

Cette initiative intervient dans un contexte déjà tendu en Méditerranée orientale. La Turquie voit d’un très mauvais œil le resserrement de la coopération entre la Grèce, Chypre et Israël autour de l’énergie, des infrastructures et de la sécurité régionale. Ankara y voit une tentative de l’isoler et de limiter son accès aux ressources gazières.

Pour les responsables turcs, le message est clair : la Turquie entend rester une puissance incontournable en Méditerranée. Cette loi permettra à Ankara de projeter sa puissance militaire et économique et d’affirmer son rôle dans la région. Le professeur Çağrı Erhan, membre du Conseil de sécurité et de politique étrangère de la présidence turque, a déclaré que le texte reposait avant tout sur les intérêts du peuple turc. Dans une allusion à la Grèce, il a ajouté : « Certains pays pensent peut-être que le monde leur appartient. Nous ne tenons pas compte de leurs inquiétudes. »

À Athènes, la réaction a été immédiate. Le ministre grec des Affaires étrangères, Giorgos Gerapetritis, a dénoncé une démarche unilatérale, contraire au droit international et vouée, selon lui, à l’échec. La Grèce et la Turquie s’opposent depuis des décennies sur la délimitation des eaux territoriales, du plateau continental et des zones économiques exclusives en mer Égée et en Méditerranée orientale.

Au cœur du bras de fer se trouve aussi la question du gaz naturel. La Grèce et Chypre ont accordé des licences d’exploration à des compagnies étrangères, tandis que la Turquie cherche à sécuriser ses propres droits sur les ressources en hydrocarbures. En donnant une base légale plus solide à ses revendications, Ankara espère attirer des investissements, protéger ses opérations et peser davantage dans la compétition énergétique régionale.

Le point le plus explosif reste toutefois la mer Égée. Ankara répète depuis des années que toute extension des eaux territoriales grecques au-delà de six milles nautiques constituerait un casus belli, autrement dit un motif de guerre. L’adoption de la nouvelle loi pourrait donner un poids supplémentaire à cette ligne rouge.

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