Moyen-Orient

L’Iran crée une autorité pour le détroit d’Ormuz et impose de nouveaux péages maritimes

La banque américaine JPMorgan estime que l’Iran pourrait générer entre 70 et 90 milliards de dollars de revenus annuels si ce système de péages était pleinement appliqué

3 minutes
19 mai 2026

ParJohanna Afriat

L’Iran crée une autorité pour le détroit d’Ormuz et impose de nouveaux péages maritimes
Illustration iStock

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

L’Iran a officiellement lancé une nouvelle structure chargée de superviser le détroit d’Ormuz, une initiative qui marque un durcissement de son contrôle sur l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde. Baptisée « Autorité du détroit du Golfe persique », cette entité devrait désormais imposer des droits de passage aux navires transitant par la zone, tout en renforçant la surveillance des activités maritimes.

L’annonce a été relayée lundi par plusieurs comptes officiels iraniens sur les réseaux sociaux. Selon Téhéran, la nouvelle autorité fournira des « mises à jour en temps réel » sur les opérations dans le détroit d’Ormuz ainsi que sur les développements sécuritaires dans la région.

Le président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, Ebrahim Azizi, a déclaré que cette structure proposerait des « services spécialisés » aux navires en échange de paiements obligatoires.

D’après les premières informations publiées par la société israélienne de renseignement maritime Windward, tous les navires souhaitant traverser le détroit devront désormais transmettre à l’avance des informations détaillées sur leur propriété, leur assurance, leur équipage et leur cargaison avant d’obtenir une autorisation de passage.

Les autorités iraniennes auraient également instauré des restrictions ciblées. Les navires liés à Israël seraient interdits de transit, tandis que les bâtiments américains seraient soumis à des limitations strictes.

Selon plusieurs sources, certains navires auraient déjà versé jusqu’à 2 millions de dollars pour obtenir l’autorisation de franchir le détroit d’Ormuz, passage essentiel pour le transport mondial du pétrole et du gaz.

Dans une récente analyse consacrée au marché de l’énergie, la banque américaine JPMorgan estime que l’Iran pourrait générer entre 70 et 90 milliards de dollars de revenus annuels si ce système de péages était pleinement appliqué à l’ensemble du trafic maritime transitant par le détroit.

Cette évolution suscite toutefois de fortes inquiétudes à Washington. Début mai, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), l’organisme américain chargé des sanctions économiques, a averti que toute entreprise ou personne — américaine ou étrangère — procédant à ces paiements pourrait s’exposer à des sanctions américaines.

Rappelons que le détroit, bordé à la fois par l’Iran et par Oman, n’appartient pas entièrement à l’Iran. Juridiquement, les eaux sont principalement des eaux territoriales iraniennes et omanaises, mais cela ne donne pas aux deux États un contrôle absolu sur le passage maritime international.

Le régime applicable est celui du « passage en transit », prévu par la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM/UNCLOS). Ce régime garantit à tous les navires et aéronefs un droit de passage continu, rapide et sans entrave dans les détroits internationaux.


POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI 
https://israj.media-j.com/newsletter

POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael