La commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a repris ce mercredi ses travaux sur la loi de conscription, sur instruction de Binyamin Netanyahou. Cette loi est au coeur de la décision du parti orthodoxe Yahadout Hatorah de voter en faveur de la dissolution de la Knesset.
En effet, en l'absence de loi régularisant le statut des étudiants de yeshivot vis-à-vis de l'armée, les députés ont reçu du Rav Dov Landau l'instruction de faire tomber le gouvernement.
Le vote en lecture préliminaire de la loi de dissolution doit intervenir ce mercredi après-midi. D'ici là, le Premier ministre tente de sauver encore sa coalition en poussant à la présentation d'une loi.
C'est dans ce contexte que le président de la commission, le député Boaz Bismuth, a ouvert la séance en appelant à l'unité nationale : "Nous reprenons les débats sur la loi de conscription après de longues semaines d'interruption, sur instruction du Premier ministre, avec l'intention sincère et authentique de mener à terme la législation dont Tsahal a tant besoin dans l'intérêt de la cohésion nationale, et parce qu'il est impératif de ne pas transformer un frère en ennemi, surtout en temps de guerre."
Le général de brigade Shai Taïeb, chef de la division planification et ressources humaines de Tsahal, a livré des données particulièrement préoccupantes sur l'état des effectifs militaires.
Il a souligné que l'armée israélienne fait actuellement face à un déficit de 12 000 soldats, dont 6 000 à 7 500 combattants. Mais le tableau pourrait s'assombrir davantage. Selon le général Taïeb, à mesure qu'approche janvier 2027, date à laquelle seront libérés les premiers soldats enrôlés pour un service réduit à 30 mois, ce déficit devrait se creuser pour atteindre environ 17 000 soldats.
L'officier a averti que la réduction de la durée du service, calculée sur le papier comme une baisse de 10 % des effectifs, se traduirait en réalité par une perte de 15 % ou plus des forces combattantes disponibles : "De facto, la baisse à 30 mois se traduit en pratique par une diminution d'environ 15 %, voire davantage, des effectifs disponibles."
L'armée appelle donc à un retour au service obligatoire de 36 mois.
Sur la question centrale du recrutement dans la communauté orthodoxe, le général Taïeb a présenté une évolution positive mais encore insuffisante au regard des besoins opérationnels.
Avant la guerre, le nombre annuel de recrues orthodoxes s'établissait à 1 700. Ce chiffre est monté à 2 200 durant la première année du conflit, puis à 2 800 l'année suivante, une progression attribuée à la volonté croissante de s'engager, à l'ouverture de nouvelles filières adaptées et à l'effet dissuasif des sanctions.
Malgré ces avancées, l'officier a été clair : "Le besoin opérationnel est immédiat et doit trouver une réponse indépendamment de tel ou tel secteur de la population. La communauté orthodoxe, ou toute communauté dont le taux de participation au service militaire est faible, constitue une part significative de ce débat." Le général Taïeb a précisé que 80% des déserteurs étaient issus de la communauté orthodoxe.
Présent lors de la séance, Yehoshua Shani, père endeuillé ayant perdu son fils Ori au combat le 7 octobre, s'est adressé directement aux députés Yuli Edelstein et Dan Ilouz, opposés à la loi, il leur a lancé : "Faites preuve de responsabilité et soutenez la loi de conscription. C'est la seule loi qui élargira le recrutement des orthodoxes et évitera d'approfondir les fractures au sein de notre société."
POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael