Le document, classé « sensible mais non confidentiel », demande aux diplomates américains à Jérusalem de faire pression cette semaine sur les responsables palestiniens afin qu’ils retirent cette candidature. À défaut, la délégation pourrait s’exposer à des mesures de rétorsion, dont la révocation de visas.
Le département d’État y accuse Riyad Mansour d’avoir « l’habitude d’accuser Israël de génocide ». Sa candidature, selon Washington, « alimente les tensions » et porte atteinte au plan de paix du président Donald Trump pour Gaza. Le texte va plus loin : offrir une tribune institutionnelle à Mansour « n’améliorerait pas la vie des Palestiniens » et risquerait de détériorer fortement les relations entre les États-Unis et l’Autorité palestinienne.
L’enjeu peut sembler technique, mais il est politiquement sensible. L’Assemblée générale compte 21 vice-présidents, élus pour accompagner les travaux de la session annuelle. Un vice-président peut être appelé à présider certaines réunions, y compris des séances de haut niveau. Le câble américain évoque ainsi un « scénario du pire » : voir un représentant palestinien diriger des débats très exposés sur le Moyen-Orient lors de la prochaine session de l’ONU.
Cette pression intervient après un précédent. En février, Riyad Mansour avait déjà retiré sa candidature à la présidence de l’Assemblée générale, après des démarches américaines. Israël avait alors salué cette décision. L’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, avait dénoncé une tentative palestinienne de transformer l’Assemblée générale en « cirque politique contre Israël » et d’améliorer le statut de la délégation palestinienne « par la porte de derrière ».
La menace américaine est d’autant plus notable qu’elle touche directement au statut de la mission palestinienne à New York. Avant l’Assemblée générale de septembre 2025, l’administration Trump avait déjà refusé des visas à de hauts responsables palestiniens, dont Mahmoud Abbas. Elle n’avait toutefois pas révoqué les visas de la délégation palestinienne auprès de l’ONU. Le nouveau câble laisse entendre que cette exception pourrait être réexaminée.
Le département d’État n’a pas commenté les cas individuels, invoquant la confidentialité des dossiers de visas. Il a toutefois affirmé prendre « au sérieux » les obligations américaines liées à l’accord de siège de l’ONU. Cet accord de 1947 interdit en principe aux États-Unis de bloquer l’accès des responsables onusiens au siège de New York, même si Washington a déjà refusé des visas à certains responsables iraniens, russes ou palestiniens, au nom de la sécurité nationale.
Pour Hady Amr, ancien haut responsable du département d’État chargé des affaires palestiniennes sous les administrations Obama et Biden, une telle menace serait « extrêmement rare » hors de situations graves comme l’espionnage russe ou l’ingérence électorale. Il juge aussi la mesure contre-productive, estimant qu’expulser des diplomates revient à réduire la capacité de dialogue.