Israël

Affaire de l’écusson « Messie » : manifestation tendue devant le domicile du chef d’état-major

Des manifestants ont scandé des slogans virulents contre le chef d’état-major, le qualifiant notamment de « traître » et de « fauteur de troubles d’Israël »

3 minutes
23 mai 2026

ParJohanna Afriat

Affaire de l’écusson « Messie » : manifestation tendue devant le domicile du chef d’état-major
Ecusson "Messie" porté par un soldat de Tsahal Photo Michael Giladi/Flash90

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Une manifestation s’est tenue ce samedi soir devant le domicile du chef d’état-major de Tsahal, le général Eyal Zamir, dans la région du Sharon, à la suite de la polémique autour d’un soldat ayant porté un écusson portant l’inscription « Messie » lors d’une opération militaire en Samarie.

Selon plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, les manifestants dénonçant la sanction prise à l'encontre du soldat ont scandé des slogans virulents contre le chef d’état-major, le qualifiant notamment de « traître » et de « fauteur de troubles d’Israël », tandis qu’une musique diffusée à plein volume accompagnait le rassemblement.

L’affaire trouve son origine dans une récente visite d’Eyal Zamir en Samarie, au cours de laquelle il avait aperçu un soldat arborant un écusson à connotation messianique sur son uniforme - insigne interdit au sein de Tsahal. L’incident avait entraîné une réaction immédiate de la hiérarchie militaire et des sanctions disciplinaires à plusieurs niveaux de la chaîne de commandement.

Le soldat concerné avait initialement été condamné à 30 jours de prison militaire. Son commandant de section avait écopé de 14 jours de détention avec sursis, tandis que le commandant de compagnie avait reçu un blâme officiel. Le bataillon Nahal impliqué dans l’incident avait également été convoqué devant les autorités militaires. Par la suite, le commandant de la brigade Nahal, le lieutenant-colonel Arik Moyal, a décidé de réduire de dix jours la peine du soldat après une visite à la prison militaire, au cours de laquelle ce dernier aurait reconnu sa responsabilité et exprimé des regrets.

La manifestation devant le domicile du chef d’état-major a suscité une vague de condamnations dans la classe politique israélienne.

L’ancien chef d’état-major et chef du parti Yashar Gadi Eisenkot a dénoncé des slogans « choquants » qui, selon lui, « franchissent une ligne rouge » et constituent « un sérieux signal d’alarme pour l’avenir de la société israélienne ». Dans une déclaration particulièrement sévère, il a accusé certains médias et membres de l’entourage du Premier ministre d’alimenter « un climat d’incitation à la haine » visant les institutions sécuritaires du pays.

« Traiter le commandant de Tsahal de “traître” est une honte morale profonde », a affirmé Eisenkot, regrettant également « le silence du gouvernement face à une attaque contre le chef de l’armée israélienne ».

Le député Hili Tropper qui vient de quitter le parti Bleu Blanc a lui aussi condamné le rassemblement, estimant qu’« il est inconcevable qu’en temps de guerre, des manifestants se rendent devant le domicile du chef d’état-major pour le qualifier de traître ». Il a ajouté que « quiconque attaque les commandants de Tsahal attaque également les soldats sur le terrain ».

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIl CLIQUEZ ICI https://israj.media-j.com/newsletter

POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael