Des milliers de ressortissants pakistanais chiites auraient été expulsés discrètement des Émirats arabes unis depuis le début de la guerre avec l’Iran, selon une enquête publiée par Reuters. Des organisations de défense des droits humains dénoncent de possibles persécutions à caractère politique ou confessionnel, tandis que les autorités pakistanaises restent très prudentes sur le sujet.
D’après l’enquête, plus d’une centaine de Pakistanais chiites sont récemment rentrés dans leurs villages du district de Chakwal, au Pakistan, après avoir été expulsés des Émirats sans préavis, parfois sans pouvoir récupérer leurs biens ni accéder à leurs comptes bancaires.
Reuters affirme avoir examiné les dossiers d’immigration, les visas et les données de vol de 103 ressortissants pakistanais ayant déclaré avoir été expulsés en raison de leur appartenance religieuse. L’agence a également recueilli les témoignages de 24 personnes affirmant avoir été arrêtées, menottées puis placées en détention provisoire avant d’être renvoyées au Pakistan.
Selon la base de données compilée par le mouvement politique chiite pakistanais Majlis-e-Wahdat-e-Muslimeen, près de 7 500 citoyens chiites pakistanais auraient été rapatriés des États du Golfe depuis la fin février, date du déclenchement des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, suivies de tirs de missiles et de drones iraniens vers les Émirats arabes unis.
Plusieurs personnes expulsées affirment avoir été interrogées sur leurs liens supposés avec l’Iran ainsi que sur d’éventuels transferts financiers destinés à soutenir la République islamique. Un ancien cadre du métro de Dubaï, installé depuis seize ans aux Émirats, affirme avoir été questionné sur son salaire et ses transactions bancaires avant d’être conduit directement à l’aéroport.
Les autorités émiraties n’ont pas répondu officiellement aux questions transmises par Reuters. Le ministère pakistanais de l’Intérieur a toutefois nié toute expulsion fondée sur des critères religieux ou confessionnels, assurant que les mesures prises concernaient uniquement des violations des lois locales et des règles de résidence.
Islamabad adopte une position prudente. Un haut responsable pakistanais, cité sous couvert d’anonymat, a confirmé que le gouvernement suivait la situation de près mais évitait toute déclaration publique afin de préserver ses relations diplomatiques avec les monarchies du Golfe.
Le Pakistan compte la deuxième plus importante population chiite au monde après l’Iran, avec environ 40 millions de fidèles, soit près de 17 % de sa population. Les Émirats arabes unis accueillent quant à eux près de 1,8 million de travailleurs pakistanais, dont les transferts financiers représentent plus de 6 milliards de dollars par an pour l’économie pakistanaise.
POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael