Dans un entretien accordé à la chaîne saoudienne Al-Arabiya, Ahmad Al-Jarallah, rédacteur en chef du quotidien koweïtien Al-Siyasa, a lancé une charge frontale contre la direction du Hamas et des organisations terroristes palestiniennes, les accusant de trahison, de corruption personnelle et de destruction délibérée de la bande de Gaza au profit de vaines promesses venues de Téhéran.
L'entretien s'est ouvert sur une analyse de l'effondrement retentissant de « l'axe de la résistance » (organisations terroristes liées à l'Iran) régional depuis le massacre du 7 octobre. Le présentateur a rappelé d'emblée l'hypocrisie structurelle du Hamas : « Lorsque des missiles et des drones iraniens se sont abattus sur les pays du Golfe arabe, le Hamas a publié un communiqué de soutien à l'Iran, sans condamner les attaques contre ces États. » Il a ensuite invité son interlocuteur à livrer son analyse.
La réponse d'Al-Jarallah a été cinglante : « Ceux qui ont fait le plus de mal à la cause palestinienne, qui l'ont détruite de fond en comble, ce sont précisément ces gens-là, des factions et des organisations qui en tirent profit. Regardez leur train de vie, leur opulence, les endroits où ils résident. Ils mènent une guerre depuis leurs hôtels, pas une guerre de tranchées. Tous sans exception. Les habitants de Gaza sont morts, tandis qu'eux séjournent dans des palaces, voyagent en jets privés et engrangent des flux d'argent ininterrompus. »
Évoquant Yahya Sinwar, l'éditorialiste a été sans appel : « Sinwar s'est lancé dans l'offensive parce que l'Iran lui avait dit : Ouvre le front et nous te rejoindrons. C'était un mensonge. Des promesses en l'air dans lesquelles ils tombent encore et encore. Il a détruit Gaza pour de l'argent, des jets privés et des promesses creuses d'un Iran qui s'est empressé de le trahir. »
Al-Jarallah a également affirmé que la direction palestinienne sabote de manière systématique toute perspective de règlement politique ou de paix dans la région, uniquement par intérêt financier. Interrogé sur la question de savoir s'il soutenait une normalisation des relations entre les pays du Golfe et Israël, même sans reconnaissance préalable d'un État palestinien, il a répondu sans hésiter : « Oui. Jusqu'à présent, les Palestiniens ne sont qu'une ''marchandise''. Où est Yasser Arafat ? Qu'a-t-il accompli ? Où est Khaled Mechaal ? Qu'ont-ils fait pour Gaza ? Elle n'a été que détruite, encore et encore. »
Cet entretien reflète un courant d'opinion qui gagne du terrain dans certains médias du Golfe depuis le 7 octobre, en particulier dans les pays favorables à une normalisation avec Israël.
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