Alors que les négociations entre Téhéran et Washington restent au point mort et que le risque d’un effondrement du processus diplomatique grandit, les responsables iraniens multiplient les menaces. Plusieurs figures proches du régime affirment que la poursuite de la guerre au Liban pourrait avoir des conséquences bien au-delà du Moyen-Orient, allant jusqu’à provoquer une crise économique majeure aux États-Unis.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé Washington de ne pas respecter le cessez-le-feu : « Chaque choix a un prix, et la facture arrivera à la fin ».
Dans le même temps, le quotidien conservateur iranien Kayhan, considéré comme proche du régime, a appelé à suspendre les négociations avec les États-Unis tant que Washington et Israël poursuivraient, selon lui, leurs actions militaires en mer et au Liban.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a réaffirmé le soutien de Téhéran au Liban et à la « résistance » : « Nous nous considérons comme des alliés. Nous n’hésiterons pas à aider le Liban et la résistance libanaise face à l’agression du régime sioniste ».
Plus virulent encore, Mohammad Marandi, ancien conseiller de l’équipe de négociation iranienne : « Si Netanyahu ne met pas fin à sa guerre au Liban, l’effondrement de l’économie américaine commencera en juin. Le compte à rebours a commencé. »
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pour sa part soutenu que le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis concernait « tous les fronts », y compris le Liban. Selon lui, toute violation sur un théâtre d’opérations constituerait une violation de l’accord dans son ensemble.
L’un des principaux leviers de pression de Téhéran demeure le Détroit d'Ormuz. Selon Hossein Shariatmadari, directeur de Kayhan, la fermeture du détroit aurait placé les États-Unis et leurs alliés dans une situation critique ; « Les États-Unis et leurs alliés sont à bout de souffle à cause de la fermeture du détroit d’Ormuz et les déclarations répétées de Donald Trump sur les progrès des négociations visent avant tout à calmer les marchés pétroliers.»
De son côté, le député iranien Esmail Kowsari a reconnu que les discussions avec Washington se poursuivaient, tout en affirmant qu’elles ne déboucheraient probablement sur aucun accord. Selon lui, les pourparlers portent désormais sur la fin durable de la guerre, le versement de compensations, le retrait des forces américaines de la région et la levée du blocus maritime.
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