La Knesset a rejeté hier soir (lundi), pour la deuxième fois en quelques mois, une mesure portée par le ministre des Finances Bezalel Smotrich visant à relever le seuil d'exonération fiscale applicable aux achats effectués à l'étranger.
Par 59 voix contre 23, les députés ont annulé le décret qui prévoyait d'augmenter de 75 à 130 dollars le plafond d'exemption de TVA sur les colis importés à titre personnel.
Cette décision entraîne un retour immédiat au régime précédent : toute commande provenant de l'étranger d'une valeur supérieure à 75 dollars sera désormais soumise à la TVA israélienne de 18 %.
Ce n'est pas la première fois que la Knesset bloque cette réforme.
En février dernier, les députés avaient déjà annulé un premier décret signé par Smotrich qui prévoyait alors de porter le seuil d'exonération à 150 dollars.
Le ministre défendait cette mesure comme un moyen de réduire le coût de la vie pour les consommateurs israéliens en facilitant les achats sur les plateformes internationales de commerce en ligne.
Mais le projet a rencontré une opposition inhabituelle, rassemblant aussi bien les organisations patronales que les représentants des commerçants, des travailleurs indépendants et une grande partie des responsables politiques.
Le président de la commission des Finances de la Knesset, Hanoch Milwidsky, a vivement critiqué la mesure. Selon lui, son coût pour l'économie israélienne aurait dépassé un milliard de shekels.
« Ce décret subventionne les achats sur les plateformes chinoises au détriment des petites entreprises israéliennes », a déclaré le député.
Les opposants à la réforme estiment qu'elle créait une distorsion de concurrence en exonérant de TVA des produits achetés à l'étranger alors que les mêmes articles vendus en Israël sont systématiquement taxés. Ils soutiennent également que l'augmentation du seuil aurait principalement bénéficié aux grandes plateformes internationales de commerce électronique plutôt qu'aux consommateurs locaux.