Trois membres de l'armée libanaise, deux officiers et un soldat, ont perdu la vie ce samedi dans une frappe aérienne israélienne menée près de Nabatiya, dans le sud du Liban. L'incident, survenu à la suite d'une erreur d'identification, a immédiatement provoqué une vive réaction des autorités libanaises et relancé les tensions dans une région déjà sous haute pression.
Selon Tsahal, un véhicule a été repéré aux abords du village de Tibnit, se déplaçant en direction des forces israéliennes dans une zone de combat active et officiellement évacuée. L'armée israélienne indique avoir reçu au préalable des avertissements de tirs sur ses forces dans ce secteur. C'est dans ce contexte que le véhicule a été pris pour cible.
Ce n'est qu'après la frappe qu'il est apparu que les trois occupants étaient des soldats de l'armée régulière libanaise. Tsahal a précisé qu'une enquête est en cours et que des enseignements en seront tirés, tout en réaffirmant que ses opérations visent le Hezbollah et non l'armée libanaise. L'armée a par ailleurs rappelé que tout déplacement dans une zone de combat active requiert une coordination préalable avec ses forces.
Beyrouth réagit avec fermeté
Le président libanais Joseph Aoun a vivement condamné l'attaque. « Je condamne fermement cette frappe israélienne qui a coûté la vie à deux officiers et un soldat », a-t-il déclaré, dénonçant une « violation flagrante de la souveraineté libanaise et des normes du droit international ». Il a également fustigé la poursuite des opérations militaires israéliennes malgré les négociations en cours à Washington, qu'il juge « sans effet dissuasif ».
L'armée libanaise, dans un communiqué officiel, a pour sa part affirmé que « cette attaque barbare ne fera que renforcer la détermination à résister aux tentatives visant à compromettre les efforts pour parvenir à un cessez-le-feu total » et à obtenir le retrait israélien du Liban.