Il avait réussi à dissimuler son appartenance à Tsahal pendant toute sa captivité. Aujourd'hui libre, Maxim Herkin lève le voile sur une stratégie de survie aussi audacieuse qu'inédite. Dans une interview diffusée dimanche soir sur Keshet 12, l'ancien otage a révélé avoir demandé à ses ravisseurs à se convertir à l'islam — non par conviction religieuse, mais comme manœuvre tactique délibérée.
Après près de dix-huit mois passés dans l'obscurité des tunnels, Maxim Herkin cherchait un moyen de rompre le silence absolu qui l'entourait. « Si vous voulez gagner une guerre, vous devez étudier l'ennemi », justifie-t-il sobrement. La conversion — qu'il situe précisément au 10 mai 2025 — lui a ouvert une fenêtre sur le monde extérieur, jusque-là hermétiquement fermée.
« Je voulais obtenir des informations. Nous étions coupés du monde, et ce que nous recevions d'eux représentait leur version des faits, agrémentée de mensonges », explique-t-il. Grâce à ce stratagème, il pouvait désormais saisir des bribes de conversations, surprendre des échanges téléphoniques ou capter quelques minutes d'Al Jazeera — autant de miettes d'information qui alimentaient des heures de discussion entre otages. « Le tunnel où j'étais détenu servait de quartier général aux terroristes », précise-t-il.
Le dialogue, jusqu'alors inexistant, s'est progressivement noué autour de la religion. « Dès le départ, ils avaient tendance à parler d'islam, et c'était la seule façon d'entamer le dialogue. Pendant les trois premiers mois, nous n'avons échangé aucun mot. » L'ancien otage prend soin de distinguer la foi de l'idéologie : « L'islam est une foi. C'est le Hamas qui pervertit l'islam par ses actes. »
En secret, une identité juive renforcée
Derrière la façade soigneusement entretenue pour ses geôliers, une autre réalité se jouait, invisible. Loin des regards, Maxim Herkin et ses compagnons de captivité ont maintenu vivantes leurs traditions avec une intensité accrue. « Nous respections le shabbat, nous célébrions Yom Kippour », confie-t-il, avant d'ajouter : « C'est la chose la plus belle au monde. Je le recommande à tout le monde. »