Moyen-Orient

Rima Hassan et LFI au Liban : une visite de “solidarité” largement tournée contre Israël

Venue afficher son soutien au Liban du 8 au 12 juin, la délégation de La France insoumise a surtout placé Israël au centre de son déplacement. Un choix politique remarqué, alors que Beyrouth tente de traiter le dossier le plus sensible du pays : les armes du Hezbollah.

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11 juin 2026

ParDelphine Miller

Rima Hassan et LFI au Liban : une visite de “solidarité” largement tournée contre Israël
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Ils sont arrivés au Liban pour parler de souveraineté, de reconstruction et de solidarité. Mais dès les premières déclarations, c’est surtout Israël qui s’est retrouvé au cœur du déplacement.

Du 8 au 12 juin 2026, Rima Hassan, Manon Aubry, Arnaud Le Gall et Andrée Taurinya participent à une visite officielle de La France insoumise au Liban, présentée comme une mission de soutien au peuple libanais après les combats dans le sud du pays.

Le 9 juin, la délégation est reçue au palais présidentiel de Baabda par Joseph Aoun. Face aux élus français, le président libanais évoque la reconstruction, le rôle de l’armée, la stabilité du pays, mais aussi le désarmement du Hezbollah, sujet central pour l’avenir du Liban.

Selon L’Orient-Le Jour, Joseph Aoun a expliqué que la question des armes du Hezbollah devait être abordée dans une approche nationale, en tenant compte aussi de ses dimensions sociales et économiques. Depuis plusieurs semaines, il insiste sur la nécessité de renforcer l’armée et de restaurer l’autorité de l’État sur tout le territoire.

Ce point est crucial. Au Liban, la crise ne se résume pas aux frappes israéliennes : elle pose aussi la question du pouvoir réel dans le pays, entre l’État libanais et une organisation armée, soutenue par l’Iran, qui conserve son propre arsenal.

Côté LFI, le message public est beaucoup plus ciblé : dénonciation des opérations israéliennes, appel à un cessez-le-feu durable, défense du rôle de la FINUL, soutien européen renforcé à Beyrouth et demande de suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

La délégation doit aussi rencontrer des ONG, des représentants de la société civile, des responsables militaires et des déplacés du sud du Liban. Mais politiquement, l’axe du déplacement est déjà lisible : faire du Liban une nouvelle tribune contre Israël, dans la continuité des positions défendues par La France insoumise depuis le 7 octobre.

Cette ligne tranche avec le débat actuel à Beyrouth, où la priorité affichée par la présidence est le renforcement de l’État, de l’armée et des institutions. Le dossier Hezbollah est désormais lié aux discussions sur l’aide internationale, la stabilité du sud du pays et l’avenir du cessez-le-feu avec Israël.

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