Israël a expulsé ce jeudi la journaliste française Alice Froussard, correspondante pour Radio France, après que le ministère israélien de la Diaspora a recommandé de lui interdire l'entrée sur le territoire. En cause : une série de déclarations jugées anti-israéliennes, ainsi que des positions considérées comme légitimant le massacre du 7 octobre.
La décision intervient alors même que la journaliste avait déposé une demande de visa de travail auprès des autorités israéliennes, dans la perspective d'un retour en Israël pour y occuper un poste permanent au nom de Radio France. C'est précisément dans le cadre de l'examen de cette demande que les autorités ont passé en revue ses prises de position publiques.
Selon le ministère de la Diaspora, l'examen du dossier a mis en évidence plusieurs déclarations contre Israël et pro-Hamas. Elle aurait notamment qualifié les lois israéliennes de "draconiennes", affirmé que le système judiciaire israélien constituerait un exemple "d'apartheid", et estimé, à propos de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, qu'il convenait de "replacer cette attaque dans son contexte".
C'est sur la base de ces éléments que le ministre de la Diaspora, Amichai Chikli, a validé la recommandation de son directeur général, Avi Cohen Skalli, de refuser l'entrée de la journaliste sur le territoire israélien.
À la suite de cette décision, Alice Froussard a été conduite à l'aéroport Ben Gourion et placée à bord d'un vol à destination de la France, dont le décollage était prévu dans les heures suivant l'annonce. Du côté de l'ambassade de France en Israël, plusieurs sources ont fait part de leur vive contrariété face à cette mesure.
Dans un communiqué, le ministre de la Diaspora Amichai Chikli a expliqué que "les règles du jeu ont changé" : quiconque soutient le Hamas, ou le mouvement de boycott visant Israël, ne pourra désormais plus entrer sur le territoire israélien.