Treize nouveaux responsables de yeshivot hesder ont annoncé ce jeudi midi qu'ils cesseraient d'envoyer leurs élèves servir au sein du Corps blindé (Heyl HaShiryon) à partir de la prochaine session de conscription. Cette déclaration fait suite à une annonce similaire émise, il y a deux jours, par douze autres responsables d'établissements.
Au total, ce sont désormais 25 yeshivot hesder qui ont fait savoir qu'elles ne dirigeraient plus leurs étudiants vers les blindés. Compte tenu du quota fixe attribué à ces institutions à chaque cycle de recrutement, cette décision pourrait priver le Corps blindé de plusieurs centaines de combattants par session.
Au cœur de cette crise se trouve une décision de la Cour suprême ouvrant la voie à l'intégration de femmes combattantes au sein des équipages de chars, dans le cadre d'un projet pilote mené par Tsahal.
Pour les rabbins signataires, cette décision implique de fait une mixité au sein même des unités combattantes, une perspective qu'ils jugent incompatible avec la loi juive (halakha). Dans leur communiqué, ils dénoncent ce qu'ils qualifient de réponse trop accommodante de la part de l'État d'Israël et de l'armée, qui n'auraient pas exprimé d'opposition à cette évolution.
Les rabbins affirment être pleinement conscients du poids de la responsabilité qui leur incombe en tant que dirigeants spirituels. Ils insistent sur le fait que Tsahal est l'armée du peuple juif, et que la sainteté du camp constitue le fondement même de l'esprit de l'armée et de sa capacité à vaincre l'ennemi. L'intégration de femmes soldats au sein de chars partagés avec des soldats hommes constitue une atteinte à la fois spirituelle et opérationnelle à la capacité de combat, écrivent-ils.
Les signataires affirment être parvenus à la conclusion que servir au sein des unités blindées est désormais contraire à la loi religieuse juive, et qu'ils n'enverront donc plus leurs étudiants y servir à partir de la prochaine vague de recrutement.
Ils tiennent toutefois à préciser que leurs étudiants continueront de rejoindre d'autres unités combattantes, "avec dévouement et détermination". Selon eux, la responsabilité incombe désormais à Tsahal de trouver, pour les profils médicaux compatibles avec un service combattant mais non adaptés à l'infanterie, un cadre alternatif correspondant à leur engagement et à leur volonté de combattre.