L’adoption de politiques de désinvestissement visant les entreprises ayant des activités en Israël pourrait coûter plus de 37 milliards de dollars aux fonds de pension de la ville de New York au cours des dix prochaines années. C’est la conclusion d’un rapport publié par l’Anti-Defamation League (ADL) et son organisation partenaire JLens.
L’étude s’intéresse aux conséquences financières qu’aurait l’application de stratégies d’investissement inspirées du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) au sein des cinq principaux fonds de retraite municipaux, qui gèrent ensemble plus de 300 milliards de dollars d’actifs.
Pour parvenir à cette estimation, les auteurs ont comparé les performances historiques de deux portefeuilles hypothétiques composés de grandes entreprises américaines. Le premier inclut l’ensemble du marché, tandis que le second exclut 47 sociétés ciblées par les campagnes BDS en raison de leurs activités en Israël, parmi lesquelles Alphabet, Amazon ou Microsoft.
Selon le rapport, le portefeuille excluant ces entreprises aurait enregistré un rendement inférieur d’environ deux points de pourcentage par an sur la dernière décennie. En appliquant cet écart aux investissements des fonds de pension new-yorkais, les chercheurs estiment que le manque à gagner pourrait atteindre 37,55 milliards de dollars entre 2025 et 2035.
Le système de retraite des enseignants serait le plus touché, avec une perte potentielle estimée à plus de 15 milliards de dollars. Suivent le régime des employés municipaux (10,9 milliards), le fonds de pension de la police (7,1 milliards), celui des pompiers (3 milliards) et le régime du personnel éducatif (1,4 milliard).
Cette publication intervient alors que le maire de New York, Zohran Mamdani, a exprimé à plusieurs reprises son soutien au mouvement BDS et sa volonté de suspendre les investissements municipaux dans des entreprises liées à Israël. Pour Jonathan Greenblatt, directeur général de l’ADL, ces projections soulignent les risques financiers que pourraient représenter des décisions d’investissement fondées sur des considérations politiques plutôt que sur des critères de rentabilité.