La justice britannique a condamné à de lourdes peines de prison quatre militants du mouvement Palestine Action pour leur implication dans une intrusion violente sur un site du groupe de défense israélien Elbit Systems près de Bristol. Une décision qui pourrait faire jurisprudence au Royaume-Uni, le tribunal ayant retenu le caractère terroriste des faits en raison de leur objectif déclaré d’influencer les autorités publiques.
Les faits remontent à août 2024. Les militants avaient pénétré dans les installations de l’entreprise et provoqué d’importantes dégradations, causant selon les autorités près de 1,2 million de livres sterling de dommages, soit environ 1,6 million de dollars.
Le principal accusé, Samuel Corner, 23 ans, a été condamné à sept ans et huit mois de prison. Le tribunal l’a reconnu coupable de dégradations volontaires et de violences graves après qu’il a frappé une policière avec une matraque, lui causant une fracture de la colonne vertébrale. Dans son jugement, le magistrat a dénoncé un recours à une « violence extrême et injustifiée », soulignant que l’opération avait été préparée à l’avance et diffusée en direct sur les réseaux sociaux.
Trois autres militants ont également été condamnés. Charlotte Head et Leona Cameo ont écopé de cinq ans d’emprisonnement chacune, tandis que Fatma Rajwani a été condamnée à quatre ans et huit mois de prison. Les quatre condamnés resteront soumis à des mesures de surveillance à leur sortie de détention.
Lors de l’audience, la sergente Kate Evans a décrit les séquelles physiques et psychologiques de son agression, expliquant avoir dû renoncer à certaines perspectives de carrière en raison de sa blessure.
Le verdict a provoqué des tensions devant le tribunal de Woolwich, où environ 500 sympathisants s’étaient rassemblés. Selon la police métropolitaine de Londres, 107 personnes ont été interpellées après avoir tenté d’entraver le départ du véhicule transportant les condamnés.