L'un des aspects les plus sensibles du protocole d'accord signé cette semaine entre les États-Unis et l'Iran concerne le Liban.
Dans un entretien accordé au quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei, affirme que le texte prévoit le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban. Selon lui, cela signifie concrètement un retrait complet des forces israéliennes du territoire libanais.
Baghaei va plus loin. Il prévient que si les attaques israéliennes se poursuivent ou si Tsahal reste présente au Liban, le protocole pourrait être remis en cause. Selon lui, les négociations destinées à aboutir à un accord définitif n'auront aucune chance d'aboutir sans cessation complète des hostilités et sans fin de ce que Téhéran qualifie d'« occupation ».
Le responsable iranien affirme également que le Liban occupe une place centrale dans le document. Selon lui, « l'État du Liban » y est mentionné à trois reprises, signe de l'importance accordée par Téhéran à ce dossier lors des négociations avec Washington.
Cette lecture iranienne trouve un écho dans plusieurs versions du protocole publiées ces derniers jours. Reuters a notamment révélé qu'une clause évoque la souveraineté du Liban ainsi que la fin des opérations militaires sur l'ensemble des fronts régionaux, y compris le front libanais.
Mais c'est surtout ce qui se passe sur le terrain qui suscite désormais les interrogations.
Selon une enquête publiée jeudi par Israel Hayom, des officiers et soldats engagés dans le sud du Liban affirment que les règles d'ouverture du feu ont été modifiées ces derniers jours. Plusieurs sources expliquent que les forces israéliennes sont désormais davantage limitées dans leur capacité à répondre aux attaques du Hezbollah.
« Toutes les quelques minutes, un drone s'abat sur une maison où sont stationnés nos soldats », confie l'un des militaires au journal. « Il y a des tirs de roquettes, des missiles antichars, mais notre capacité de riposte est plus limitée qu'il y a une semaine. »
Les témoignages recueillis par le quotidien décrivent également un climat d'incertitude au sein des forces déployées au Liban. Plusieurs commandants affirment ne pas savoir quelle sera la mission de Tsahal dans les prochains jours ni quelles décisions seront prises au niveau politique.