Israël

Affaire des compotes de fruits contaminées : "Mes filles ont pris trois cuillerées et se sont évanouies"

La piste de l'acte terroriste est examinée par le Shin Bet

3 minutes
18 juin 2026

ParJohanna Afriat

Affaire des compotes de fruits contaminées : "Mes filles ont pris trois cuillerées et se sont évanouies"
Photo : iStock

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Quelques heures après l’annonce du ministère de la Santé concernant la présence de substances sédatives dans des pots de compote pour bébés de la marque Prinuk, une mère dont les deux filles ont été hospitalisées après avoir consommé le produit a livré un témoignage poignant sur les circonstances du drame.

Mercredi, les autorités sanitaires ont indiqué que des analyses de laboratoire avaient révélé la présence de clonazépam et de lorazépam, deux benzodiazépines utilisées notamment comme sédatifs et anxiolytiques, dans certains pots de purée de fruits destinés aux nourrissons. La piste d'une contamination résultant d'un acte malveillant est à l'étude.

Parmi les familles touchées figure celle de Yael Biton, dont les deux filles, âgées d’un et trois ans, ont été hospitalisées après avoir ingéré cet aliment. Interrogée sur les ondes de la radio 103FM, la mère est revenue sur les instants qui ont suivi l’ingestion du produit.

« Je suis rentrée en courant et j’ai vu mes filles s’effondrer. L’aînée était dans les bras de mon mari, le bébé dans ceux de ma fille. Tous les enfants pleuraient et criaient sans comprendre ce qui se passait », a-t-elle raconté. Selon elle, les deux petites n’avaient consommé que quelques cuillères de purée avant de perdre connaissance.

Transportées en urgence à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, les enfants ont subi une batterie d’examens. Les médecins ont alors détecté des traces de benzodiazépines dans leurs urines. « Dès notre arrivée, j’ai dit au personnel médical que le pot de compote était probablement contaminé. Les symptômes sont apparus immédiatement après sa consommation », a expliqué la mère.

L’affaire a également profondément marqué la sœur aînée des enfants, âgée de 11 ans, qui leur avait servi la purée. Selon Yael Biton, la jeune fille s’est sentie responsable de l’incident et a souffert d’une importante détresse émotionnelle après l’hospitalisation de ses sœurs.

La mère affirme par ailleurs que le bocal semblait intact au moment de son ouverture. « Il était fermé hermétiquement et rien ne laissait penser qu’il avait été altéré », a-t-elle déclaré.

Dans les jours qui ont suivi, les parents ont également été entendus par la police dans le cadre de l’enquête, suspectés d'avoir empoisonné leurs enfants. Une procédure que Yael Biton décrit comme particulièrement éprouvante alors que ses filles étaient encore hospitalisées.

Convaincue que la contamination provient du produit lui-même, elle a demandé aux enquêteurs d’examiner en priorité la chaîne de distribution de la purée. Ses soupçons se sont renforcés après la découverte d’un second cas présentant, selon elle, des symptômes similaires dans une autre famille.

L’enquête se poursuit afin de déterminer comment ces médicaments ont pu se retrouver dans des aliments destinés aux nourrissons et si la contamination résulte d’une erreur de production ou d’un acte délibéré. Le Shin Bet est impliqué dans les investigations afin de déterminer si la contamination résulte d'un acte terroriste.

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