Ce dimanche, le ministre de la Défense Israël Katz, a affirmé qu'« il n'y a et n'y a jamais eu aucune restriction empêchant les soldats de Tsahal d'agir au Liban pour neutraliser les menaces », en réponse aux informations selon lesquelles depuis que les Etats-Unis ont annoncé la signature d'un mémorandum d'accord avec l'Iran, les mains de Tsahal seraient liées.
Le correspondant militaire de la chaîne publique Kan, Roi Sharon, a vivement critiqué la déclaration du ministre, la qualifiant de « bluff qui met en danger les forces de Tsahal dans le sud du Liban ». Selon lui, s'il n'existe effectivement aucune restriction empêchant un soldat, dans n'importe quel secteur, de neutraliser une menace immédiate visant sa propre sécurité, la réalité opérationnelle actuelle est bien plus limitée : « L'usage du feu pour neutraliser une menace, c'est-à-dire ce qui est actuellement autorisé à Tsahal, relève de la légitime défense et c'est là une sacrée restriction. On ne peut pas combattre ainsi en territoire ennemi. »
Le correspondant militaire de Galei Tsahal, Doron Kadoch, a lui aussi affirmé : « Ce que le ministre de la Défense ne vous dit pas, c'est que dans les faits, les soldats de Tsahal au Liban sont contraints d'attendre que la menace arrive jusqu'à eux pour pouvoir la neutraliser. »
Selon lui, il est certes possible d'éliminer un terroriste qui s'approche d'une force israélienne ou de frapper une roquette prête au tir, mais il est en revanche interdit de viser les quartiers généraux et les infrastructures où se construisent les menaces futures. « Si le terroriste se trouve dans un quartier général à Nabatieh ou à Tyr, cela n'est pas considéré comme de la "neutralisation de menace". Si le Hezbollah fabrique en ce moment même mille nouvelles roquettes dans une installation souterraine de la Bekaa, cela non plus n'est pas considéré comme de la "neutralisation de menace" », a-t-il détaillé.
Kadoch a accusé le ministre de la Défense de présenter une « réalité alternative », écrivant que des restrictions pèsent bel et bien sur l'ouverture du feu des forces de Tsahal au Liban, des restrictions « assez sévères », imposées sur instruction du Premier ministre Binyamin Netanyahou et du ministre de la Défense Katz lui-même et directement liées à des considérations diplomatiques vis-à-vis des Etats-Unis. « C'est la vérité », a-t-il insisté.
Il a ajouté : « Cette situation est dangereuse, et il faut le dire simplement : la politique d'ouverture du feu de Tsahal au Liban, qui lui a été imposée par l'échelon politique en raison de contraintes diplomatiques et d'un diktat américain, met en danger les forces de Tsahal dans le sud du Liban. On aura prévenu. »