L’émotion était palpable, ce jour, mardi, au Palais des Nations à Genève. Ilana Gritzewsky a témoigné à Genève des violences qu’elle affirme avoir subies lors de l’attaque du 7 octobre et pendant sa captivité à Gaza, face à la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence contre les femmes et les filles, Reem Alsalem, régulièrement critiquée en Israël pour avoir remis en question les accusations de violences sexuelles commises par le Hamas.
Avant de prendre la parole, Ilana Gritzewsky a confié être extrêmement anxieuse. « Chaque fois que je parle, les blessures se rouvrent. C’est très difficile. Mais j’ai survécu et le monde doit comprendre ce qu’a été le 7 octobre et ne jamais l’oublier »
L’ancienne otage a expliqué se sentir investie d’une responsabilité, celle de parler au nom de ceux qui n’ont plus de voix, et reproché à la responsable onusienne d’avoir passé sous silence les crimes du Hamas dans son rapport consacré aux violences faites aux femmes : « Votre rapport traite de la violence contre les femmes. Pourquoi n’y a-t-il aucune mention du Hamas ? ».
Puis est venu le récit de son propre calvaire. « Ils m’ont touchée et agressée sexuellement. J’ai été frappée jusqu’à perdre connaissance. Je me suis réveillée à moitié nue, entourée de sept terroristes, sans savoir ce qui s’était passé pendant ces moments perdus ». Elle a également évoqué les séquelles physiques et psychologiques qu’elle porte encore : « Je suis revenue avec une hanche brisée, une mâchoire fracturée et une âme blessée. Les gens me regardent et pensent que je suis libre. Mais la liberté n’est pas un interrupteur que l’on allume et que l’on éteint. »
S’adressant directement à Reem Alsalem : « Le 7 octobre et en captivité, des femmes juives ont été violées, torturées et humiliées. Vous avez choisi le silence et le déni. Vous avez affirmé qu’il n’y avait pas de preuves de violences sexuelles. Je me tiens devant vous aujourd’hui, non pas comme un rapport ou une statistique, mais comme une preuve vivante des violences sexuelles du Hamas. Me croyez-vous maintenant ? Allez-vous vous excuser ? »