En Colombie, Abelardo de la Espriella, qui vent de remporter la présidentielle, promet de rétablir les relations avec l'État hébreu, rompues en 2025 par le président de gauche Gustavo Petro qui avait fait de la cause palestinienne un axe majeur de sa politique étrangère. Dès le début de la guerre à Gaza, il avait multiplié les attaques contre Israël, allant jusqu'à comparer l'armée israélienne aux nazis, avant d'expulser les diplomates israéliens et de rompre officiellement les relations diplomatiques entre les deux pays.
Son successeur entend prendre le chemin inverse. Surnommé « le Tigre », l'avocat de 47 ans ne cache pas sa proximité avec Israël. « Israël fait ce qu'il doit faire pour protéger son peuple, et c'est exactement ce que je ferai pour protéger la Colombie », a-t-il déclaré à la presse locale.
Au-delà du seul cas colombien, cette évolution s'inscrit dans un mouvement plus large observé sur le continent. En Argentine, le président Javier Milei s'est imposé comme l'un des plus fervents soutiens d'Israël sur la scène internationale. Au Salvador, Nayib Bukele a renforcé la coopération sécuritaire avec l'État hébreu. Au Chili également, le nouveau pouvoir affiche une ligne nettement plus favorable à Israël.
Cette recomposition politique pourrait modifier les équilibres diplomatiques régionaux. Ces dernières années, plusieurs pays d'Amérique latine s'étaient rapprochés de la cause palestinienne et avaient soutenu des initiatives visant à accroître la pression diplomatique et juridique sur Israël, notamment devant les instances internationales.