Sous la pression de la ministre israélienne des Transports Miri Regev, les Américains se sont engagés à retirer de l'aéroport Ben Gourion une vingtaine d'avions ravitailleurs supplémentaires d'ici mardi prochain. Cette décision devrait permettre de rétablir un programme de vols complet tel que prévu pour le mois de juillet et d'éviter des annulations massives de billets d'avion.
L'engagement américain intervient à un moment critique après que le directeur général de l'Autorité aéroportuaire israélienne, Sharon Kedmi, a averti que près de 100 000 billets d'avion risquaient d'être annulés si les États-Unis ne retiraient pas rapidement leurs avions ravitailleurs.
Pour comprendre l'ampleur de la crise, il faut remonter au début du conflit. À la veille de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, qui a éclaté le 28 février 2026 et entraîné la fermeture de l'espace aérien israélien, des avions ravitailleurs américains sont arrivés à l'aéroport Ben Gourion dans le cadre du renforcement massif des forces militaires américaines au Moyen-Orient.
Depuis lors, leur présence est devenue un obstacle majeur au retour à la normale. Depuis l'annonce du cessez-le-feu au début du mois d'avril et la réouverture de Ben Gourion au trafic aérien civil, les compagnies locales, El Al, Arkia et Israir, ont été dans l'impossibilité de ramener l'intégralité de leur flotte à l'aéroport, en raison de la saturation des zones de stationnement due à la présence des appareils ravitailleurs américains.
La situation a eu des conséquences économiques directes : le PDG d'Israir, Uri Sirkis, a expliqué que cette situation alourdissait les coûts d'exploitation, notamment en raison des frais de stationnement sur des aéroports étrangers, et qu'elle limitait le nombre de vols que les compagnies israéliennes étaient en mesure d'assurer.
Les chiffres publiés par l'Autorité aéroportuaire parlent d'eux-mêmes. Seules 65 des 99 places de stationnement réservées aux avions de passagers étaient disponibles, alors qu'un minimum de 80 positions est nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de l'aéroport au mois de juillet. Pour le mois d'août, l'intégralité des 99 emplacements devra être libérée afin de faire face au pic de trafic estival.
Cette saturation des tarmacs a également repoussé le retour de nombreuses compagnies étrangères. Plusieurs compagnies israéliennes et étrangères ont dénoncé des difficultés croissantes pour obtenir des créneaux de décollage et des places de stationnement à l'approche de la saison estivale.
La ministre des Transports a joué un rôle central dans ce dossier. Miri Regev a adressé une lettre urgente au Premier ministre Benjamin Netanyahou, au ministre de la Défense Israël Katz et au chef par intérim du Conseil de sécurité nationale afin d'exiger l'évacuation immédiate des avions ravitailleurs américains.