La France et le sultanat d’Oman vont renforcer leur coopération afin de sécuriser le détroit d’Ormuz. À l’issue d’une rencontre ce lundi à l’Élysée avec le sultan Haïtham ben Tariq, Emmanuel Macron a annoncé que les deux pays travailleraient, avec leurs partenaires internationaux, à une opération de déminage destinée à rétablir une navigation commerciale sûre dans cette voie maritime essentielle.
« Nous avons décidé de coopérer avec nos partenaires pour déminer le détroit afin de sécuriser les voies de navigation et d’assurer le passage libre et inconditionnel à travers le détroit d’Ormuz », a déclaré le président français.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des discussions engagées depuis plusieurs mois entre la France, le Royaume-Uni et plusieurs pays alliés en vue de mettre sur pied une mission navale multinationale à vocation défensive. Son objectif est de retirer les mines, de sécuriser les routes maritimes, de rassurer les compagnies maritimes et, si nécessaire, d’escorter les navires commerciaux.
Le détroit d’Ormuz a été progressivement miné au cours de l’escalade militaire entre l’Iran, Israël et les États-Unis. Les pays occidentaux accusent Téhéran d’avoir déployé des mines navales afin de perturber le trafic maritime et d’accroître la pression sur ses adversaires. L’Iran a toujours démenti ces accusations, mais la présence présumée de ces engins explosifs a fortement réduit le trafic commercial dans cette zone stratégique.
Le déminage constitue une opération particulièrement délicate. Les mines peuvent être fixées au fond de la mer, dériver entre deux eaux ou reposer sur les fonds marins. Certaines explosent au contact d’un navire, tandis que d’autres sont déclenchées par son champ magnétique, son bruit ou les vibrations de ses moteurs. Leur neutralisation nécessite l’intervention de bâtiments spécialisés, de drones sous-marins, de sonars de haute précision et de plongeurs démineurs. Les opérations doivent en outre être menées sans interrompre totalement le trafic maritime et dans un environnement où les risques sécuritaires demeurent élevés.