Le ministre de la Défense Israel Katz a livré lundi un briefing particulièrement révélateur aux correspondants militaires, revenant sur les décisions prises pendant la guerre contre le Hezbollah, la situation au Liban et les perspectives d’un nouvel affrontement avec l’Iran. Ses déclarations mettent en lumière les tensions qui ont existé entre les objectifs militaires israéliens et les priorités diplomatiques de Washington.
Selon Katz, Israël était en mesure d'infliger un coup décisif au Hezbollah, mais Donald Trump a choisi de lier le front libanais aux négociations menées avec Téhéran. « Trump a lié l’Iran au Liban parce qu’il voulait conclure un accord avec les Iraniens. Cela nous a empêchés de porter un coup massif au Hezbollah dans tout le Liban », a-t-il déclaré. D'après lui, sans cette décision américaine, « le Hezbollah se serait effondré ».
Le ministre a expliqué qu'Israël a alors modifié sa stratégie en privilégiant l'extension de la zone de sécurité au Sud-Liban et la destruction méthodique des infrastructures du Hezbollah. Il a insisté sur le fait qu'Israël n'a « aucune ambition territoriale » au Liban, mais qu'aucun retrait supplémentaire n'est envisagé tant que l'organisation terroriste ne sera pas totalement désarmée.
Katz a également révélé que le gigantesque tunnel détruit la veille n'était pas connu auparavant des services de renseignement israéliens. Selon lui, Tsahal découvre au Sud-Liban des infrastructures souterraines d'une ampleur inédite. « Nous avons trouvé des tunnels comme nous n'en avons jamais vus ailleurs », a-t-il affirmé, précisant que leur destruction nécessitera « des centaines de tonnes d'explosifs ».
Malgré les importants dégâts infligés au Hezbollah, le ministre estime que la menace demeure élevée. Il affirme qu'environ 1 200 terroristes du Hezbollah sont toujours déployés entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, conservant ainsi une capacité potentielle d'attaque contre Israël.
Dans ce contexte, Katz a indiqué avoir informé le commandant du CENTCOM, le général Brad Cooper, que Tsahal ne se retirera pas des zones de sécurité établies au Liban, en Syrie et dans la bande de Gaza. Selon lui, ces positions constituent désormais un élément essentiel de la défense d'Israël face aux menaces d'infiltration et d'attaques terrestres.
Le ministre est également revenu sur l'Iran. Il estime que Téhéran n'a pas encore pris la décision de relancer son programme nucléaire militaire, mais considère que le risque d'une nouvelle confrontation reste élevé. Selon lui, deux scénarios pourraient conduire à une reprise des hostilités : soit Donald Trump conclut que les négociations avec l'Iran ont échoué, soit la République islamique décide de frapper directement Israël.