Vie politique

La Knesset adopte en première lecture la « Loi fondamentale sur l'étude de la Torah »

Le texte, porté par les partis orthodoxes, doit encore franchir les deuxième et troisième lectures avant d'être définitivement adopté.

4 minutes
2 juillet 2026

ParGuitel Benishay

La Knesset adopte en première lecture la « Loi fondamentale sur l'étude de la Torah »
Photo by Yonatan Sindel/Flash90

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La plénière de la Knesset a approuvé, dans la nuit de mercredi à jeudi, la proposition de « Loi fondamentale : étude de la Torah » en première lecture, par 63 voix contre 53.

Quatre élus de la coalition ont voté contre le texte : Yuli Edelstein et Dan Ilouz (Likoud), Sharren Haskel (HaYamin HaMamlakhti) et Moshe Solomon (Hatsionout Hadatit). Une élue de l'opposition, Naama Lazimi (Avoda), a été exclue de la séance pendant le vote.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou s'est déplacé en personne pour participer au scrutin depuis la cérémonie d'ouverture des Maccabiades, les partis ultra-orthodoxes exigeant une majorité d'au moins 61 voix, seuil jugé nécessaire pour conférer au texte une meilleure résistance juridique en cas de recours devant la Cour suprême.

Le vote s'inscrit dans le cadre d'un accord politique plus large conclu entre le Likoud et les partis orthodoxes, portant sur l'adoption croisée de plusieurs textes législatifs avant la dissolution de la Knesset en vue des prochaines élections.

Déposée par les députés Moshe Gafni, Yaakov Asher (Degel HaTorah) et Itzhak Pindrus, la proposition de loi fondamentale vise à inscrire l'étude de la Torah comme une « valeur fondamentale du patrimoine du peuple juif et de l'État d'Israël », afin de créer, selon ses termes, un « équilibre de justice » face aux autres valeurs fondamentales déjà consacrées par les lois fondamentales israéliennes, qui tiennent lieu de Constitution en l'absence de texte constitutionnel unique.

L'exposé des motifs précise que la commission de la Knesset examinera, avant les deuxième et troisième lectures, les éventuelles implications du texte sur le fonctionnement des autorités publiques. Le ministère des Finances a par ailleurs indiqué qu'il ne pouvait pas, à ce stade, évaluer le coût budgétaire de la loi, faute de savoir quelles mesures concrètes en découleraient.

Selon plusieurs médias israéliens, le conseil juridique de la Knesset et la conseillère juridique adjointe du gouvernement ont fait part de leurs réserves lors des débats en commission, estimant que l'objectif réel du texte restait flou. La procureure générale, Gali Baharav-Miara, s'y est également opposée, jugeant incohérent que l'État alourdisse la charge pesant sur les citoyens effectuant leur service militaire tout en permettant, voire en encourageant, une dispense massive pour les étudiants de yeshiva.

En effet, pour les détracteurs de la loi, ce texte vise à inscrire dans le marbre un statut pour les étudiants de yeshiva qui justifierait l'exemption du service militaire.

Si les partis orthodoxes se sont félicités de cette première étape, la proposition de loi ne fait pas l'unanimité au sein de la coalition puisque quatre députés ont voté contre. En outre, le texte a suscité de vives réactions au sein de l'opposition.

Le chef d'Israël Beitenou, Avigdor Liberman, a accusé Netanyahou d'être prêt à « démanteler Tsahal et la société israélienne tout entière » pour préserver sa coalition. L'ancien Premier ministre Naftali Bennett (parti Beya'had), qualifiant le texte de « loi fondamentale sur le mépris de la Torah », a promis de l'abroger dès la formation d'un nouveau gouvernement, dénonçant une atteinte à l'unité nationale à un moment où Tsahal manque, selon lui, de 20 000 soldats.

L'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, à la tête du parti Yashar!, a dénoncé une atteinte directe à la colonne vertébrale nationale, estimant que l'étude de la Torah, valeur importante en soi, ne saurait servir de « couverture politique » pour se soustraire à la défense du pays. Le président des Démocrates, Yaïr Golan, a lui aussi promis l'abrogation du texte en cas de changement de gouvernement.

Les promesses d'abrogation de la loi formulées par Bennett et Golan se heurtent néanmoins à la réalité législative: la loi n'a pas été adoptée à l'heure qu'il est puisqu'elle doit encore être votée en deuxième et troisième lectures.

Avec seulement quelques jours de séance restant avant la dissolution de la Knesset en vue des élections, l'issue du processus législatif demeure incertaine : la coalition et les partis orthodoxes doivent encore obtenir une majorité pour achever le vote avant la fin de la législature, sinon le texte devra être redéposé lors de la prochaine Knesset.

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