Les propos du ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, évoquant une possible participation d’Ankara à la course aux armements nucléaires, s’inscrivent dans un contexte de recomposition stratégique. Officiellement, la Turquie ne possède pas l’arme nucléaire, mais son discours sur « l’injustice nucléaire » traduit une volonté de se positionner parmi les puissances stratégiques majeures. Membre de l’OTAN, dotée d’une industrie militaire avancée et d’ambitions régionales affirmées, la Turquie envoie surtout un message politique : elle refuse d’être marginalisée dans l’architecture sécuritaire mondiale.
Pour Israël, l’enjeu n’est pas immédiat mais structurel. L’État hébreu surveille avant tout la prolifération nucléaire dans son environnement stratégique. Une Turquie franchissant le seuil nucléaire — même à long terme — pourrait affaiblir l’équilibre de dissuasion régional et encourager d’autres puissances à accélérer leurs propres programmes. L’Iran resterait le facteur central, mais une dynamique Turquie-Iran pourrait transformer la région en espace de dissuasion multiple, beaucoup plus instable et imprévisible, selon plusieurs analyses sécuritaires occidentales.
Au-delà d’Israël, le signal turc vise aussi le monde arabe. L’Arabie saoudite et l’Égypte suivent de près toute évolution nucléaire régionale. Si Ankara poursuivait une option stratégique, un effet domino ne serait pas exclu, alimentant une course aux armements au Moyen-Orient. Pour l’heure, il s’agit davantage d’un levier géopolitique que d’un programme opérationnel, mais dans une région marquée par les rivalités de puissance, même une déclaration peut influencer les équilibres et redessiner les lignes de dissuasion.
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