Selon des analystes libanais, cette démission n’est pas un simple mouvement ponctuel mais s’inscrit dans un processus plus profond de réorganisation interne. Safa figurait sur les listes de sanctions américaines et son nom avait été associé à des menaces contre le système judiciaire libanais dans l’affaire de l’explosion du port de Beyrouth. Son départ serait un message adressé à Washington, illustrant la volonté de Qassem de réduire l’influence de structures de sécurité controversées et de mettre en avant une direction à caractère plus politique.
Les experts estiment que le Hezbollah cherche à s’adapter à une nouvelle réalité, devant répondre aux exigences internationales concernant le principe de « monopole des armes par l’État ». Ce réajustement apparaît comme un premier pas, sans que son ampleur réelle soit encore claire. Parallèlement, certains observateurs arabes considèrent ce mouvement comme un moyen pour Qassem de consolider son autorité et de centraliser les décisions, après les pertes subies par l’organisation lors de son dernier conflit avec Israël.
Les médias libanais rapportent que Qassem renforce son contrôle en reliant toutes les institutions de l’organisation à la secrétairerie générale et en réduisant l’autonomie des pôles de pouvoir internes. Dans ce cadre, le rôle des cadres politiques est accentué au détriment des religieux et des responsables sécuritaires. Mohammed Raad, président du bloc parlementaire du Hezbollah, devrait devenir vice-secrétaire général, tandis que l’ancien ministre Mohammed Fneich prendra la tête du conseil exécutif, considéré comme le « gouvernement » de facto de l’organisation, et Hassan Fadlallah dirigera le bloc parlementaire.
L’unité de liaison et de coordination, autrefois dirigée par Safa et impliquée dans des fonctions sécuritaires et politiques étendues - contrôle des aéroports et ports de Beyrouth, gestion des conflits internes, relations diplomatiques et détention de prisonniers -, se concentre désormais uniquement sur des missions techniques et sécuritaires, la politique et les communications étant centralisées sous la direction du secrétaire général et de son entourage proche.
Pour les analystes libanais, l’ensemble de ces changements traduit un passage progressif d’une direction à dominante religieuse vers une direction politique. Les figures politiques comme Raad et Fneich se renforcent, tandis que les religieux chiites, autrefois au cœur du pouvoir, voient leur rôle relégué à des fonctions secondaires. La communication est désormais unifiée sous la supervision d’Ibrahim Mousawi, afin de centraliser les messages et contrôler les apparitions médiatiques.
Du côté israélien, des responsables de la sécurité restent sceptiques sur la profondeur de ces changements. Selon eux, si ces mouvements renforcent le volet politique et réduisent l’autonomie des structures sécuritaires, il s’agirait avant tout d’un ajustement tactique. Qassem ne modifierait pas fondamentalement le Hezbollah sans l’accord de l’Iran, notamment face au risque d’escalade régionale.
Pour ces experts, le Hezbollah cherche par ces mesures à améliorer son image et à renforcer ses liens avec le gouvernement libanais, sans renoncer à son ADN de « mouvement de résistance » ni à son arsenal. L’objectif serait d’afficher un visage plus modéré pour s’intégrer plus facilement au système politique libanais.
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