Interrogé sur l’impact des tirs de missiles iraniens vers la Turquie, l’expert explique que les autorités turques ont d’abord tenté de minimiser l’incident : « La Turquie considère évidemment ces tirs vers son territoire avec gravité. Au départ, on a essayé de faire croire que ce n’était pas dirigé contre elle, mais qu’il s’agissait d’un missile lancé depuis l’Iran vers Chypre qui aurait dévié de sa trajectoire. Mais après le deuxième missile tombé sur place et intercepté par les systèmes de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, il n’y a plus de place pour le déni ».
Selon lui, Ankara envoie certes des messages fermes à Téhéran, mais cela ne signifie pas qu’elle souhaite entrer dans le conflit : « Les Turcs adressent des messages assez durs à l’Iran, mais ils n’ont aucune intention de participer à la guerre contre lui. Tant que les missiles ne provoquent pas de dégâts importants aux infrastructures ou aux civils turcs, je ne pense pas qu’ils prendront des mesures concrètes. Cela restera au niveau des déclarations ».
Dans les médias turcs, l’incident est traité de manière relativement marginale. ; l’atmosphère est très belliqueuse dans le ton, mais en pratique le sujet n’occupe pas une place centrale. On parle surtout d’autres thèmes. L’événement est présenté comme quelque chose d’inhabituel, mais secondaire.
Parallèlement, les réseaux sociaux et certains médias turcs diffusent de nombreuses théories complotistes. On y évoque l’idée qu’Israël et le Mossad auraient lancé les missiles depuis le territoire iranien en direction de la Turquie afin de pousser Ankara à rejoindre la guerre contre l’Iran. On voit beaucoup ce type de discours dans les médias turcs et surtout sur les réseaux sociaux. Cela reflète la perception d’une partie de la société turque face à cette guerre.
Malgré ce climat, la position officielle du gouvernement turc reste dirigée directement contre l’Iran et Ankara n’envisagera aucune action exceptionnelle tant que la situation ne s’aggravera pas.
Sur la question d’une issue diplomatique, la Turquie affirme qu’elle aurait pu jouer un rôle de médiateur : « Les responsables turcs disent que si les négociations avaient eu lieu en Turquie plutôt qu’à Oman, la guerre n’aurait peut-être pas éclaté. C’est une déclaration ambitieuse, voire arrogante rétrospectivement, mais ils répètent qu’ils souhaitent la fin du conflit », explique l’expert. Les autorités turques soulignent également qu’à leurs yeux la guerre contre l’Iran ne repose sur aucune base juridique internationale, et cherchent ainsi à délégitimer le conflit.
La position turque reste constante : La Turquie n’est pas intéressée par la chute du régime iranien. Elle ne veut pas se retrouver aux côtés d’Israël et des États-Unis contre un État musulman. Dans le même temps, Ankara bénéficie déjà de la protection de l’OTAN, qui déploie ses systèmes de défense pour protéger son territoire. Pour les Turcs, cela suffit : ils n’ont aucun intérêt à ce que l’OTAN déclare officiellement la guerre à l’Iran.
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