Parmi les quelque 500 participants de l’organisation chrétienne internationale « Marche pour la Vie » arrivés cette semaine en Israël pour une série d’événements de solidarité, Anna Suzette Pfeiffer porte une histoire familiale particulièrement lourde. Cette Allemande de 23 ans, dont l'histoire a été relayée par le site israélien Ynet, a découvert, au fil de recherches menées dans les archives de Yad Vashem, que son grand-père avait participé au fonctionnement du camp d’extermination d’Auschwitz.
Selon les documents consultés, il était notamment impliqué dans l’électrification des barbelés du camp et aurait également travaillé dans les chambres à gaz. Une révélation qui a profondément marqué la jeune femme et orienté son engagement contre l’antisémitisme.
Installée à Jérusalem pour plusieurs mois, Anna Suzette Pfeiffer participe à l’inauguration d’une exposition consacrée à l’histoire de l’antisémitisme, de la Shoah aux formes contemporaines de haine visant les Juifs et Israël. « Je ressens beaucoup de tristesse et de regrets, mais si je ne peux pas changer le passé, je peux agir sur le présent et l’avenir », explique-t-elle. « Il est important que les Israéliens sachent qu’ils ne sont pas seuls. »
La jeune Allemande entretient un lien étroit avec Israël. Après avoir effectué un volontariat de deux ans dans le sud du pays, elle a appris l’hébreu, qu’elle maîtrise aujourd’hui presque parfaitement. Autour de son cou, un pendentif portant le mot « Tikva » (« espoir ») en hébreu, offert par Luis Har, ancien otage du Hamas libéré de Gaza.
La délégation de la « Marche pour la Vie » participe à des rassemblements de soutien organisés dans plusieurs villes israéliennes, notamment à Haïfa, Netanya, Ashkelon et Tibériade. Depuis le début de la guerre, le mouvement affirme avoir organisé plus d’une centaine de manifestations de solidarité avec Israël et les communautés juives à travers le monde.
L’exposition inaugurée à Jérusalem entend explorer les racines chrétiennes de l’antisémitisme et s’interroge sur la persistance de ce phénomène après la Shoah. « Nous voulons comprendre pourquoi l’antisémitisme existe encore aujourd’hui et montrer aux Israéliens qu’ils ont des amis partout dans le monde », souligne Anna Suzette Pfeiffer.