La réaction des marchés n’a pas été la même des deux côtés de l’Atlantique. Aux États-Unis, l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran a été interprétée comme un signal de détente régionale, avec l’espoir d’un apaisement sur les prix de l’énergie et d’un retour de l’appétit pour le risque. À Tel-Aviv, en revanche, l’accord n’a pas déclenché un mouvement d’achat, mais une vague de ventes sur les secteurs les plus sensibles.
La Bourse israélienne a clôturé en nette baisse. L’indice TA-35 a reculé de 2 %, tandis que le TA-125 a perdu 2,2 %. Les valeurs financières ont été particulièrement touchées : l’indice des banques a cédé 3,3 %, avec une baisse de 3,3 % pour Bank Hapoalim et de 4,6 % pour Mizrahi Tefahot.
Le repli le plus spectaculaire a concerné le secteur de l’assurance. L’indice a chuté de 5,8 %, entraîné par Menora, en recul de 6,6 %, Clal, qui a perdu 6 %, et Phoenix, en baisse de 5,9 %. Les valeurs immobilières ont également enregistré un net recul, dans un contexte déjà marqué par le ralentissement du marché et par l’incertitude sur l’évolution des taux.
Cette baisse traduit moins un rejet immédiat de l’accord qu’un réflexe de protection. Face à un texte encore flou et à des risques sécuritaires toujours présents, les investisseurs ont allégé leurs positions sur les banques, les assurances et l’immobilier. Autrement dit, la prudence s’est transformée en ventes.
Pour les marchés israéliens, la question n’est pas seulement de savoir si Washington et Téhéran signent un accord, mais si celui-ci éloigne réellement la menace iranienne, ou s’il offre au contraire à Téhéran un nouveau délai stratégique. C’est cette incertitude qui explique le contraste entre l’optimisme de Wall Street et le net repli observé à Tel-Aviv.