L’armée israélienne a présenté les conclusions de son enquête interne sur un incident survenu le 23 mars 2025 dans la bande de Gaza, au cours duquel des tirs de Tsahal ont touché des véhicules et membres d’équipes de secours. L’enquête a été conduite par un comité indépendant dirigé par le général de réserve Yoav Har-Even, et soumise au chef d’état-major, le général Herzi Halevi.
L’investigation a porté sur la totalité de la chaîne de commandement, s’appuyant sur des témoignages, des documents opérationnels, des enregistrements audio et visuels ainsi qu’une reconstitution sur le terrain. Le comité a conclu que les tirs ont eu lieu dans un contexte de combat intense et sous menace réelle, mais résultaient principalement d’erreurs d’interprétation de la situation. Tsahal souligne que ces mauvaises interprétations sont liées au fait que le Hamas utilise fréquemment des infrastructures civiles mais aussi des véhicules de secours pour mener ses activités terroristes.
Trois événements distincts ont été identifiés :
Premier incident : le tir visait un véhicule suspecté d’appartenir au Hamas.
Deuxième incident : des tirs ont été dirigés vers des individus sortant rapidement d’ambulances et d’un camion de pompiers s’étant approchés à vive allure du dispositif israélien. Le commandant sur le terrain a estimé qu’il s’agissait d’une manœuvre hostile. Ce n’est qu’après l’assaut que les soldats ont compris qu’il s’agissait d’équipes médicales.
Troisième incident : des tirs ont visé par erreur un véhicule de l’ONU palestinienne, en contradiction avec les ordres en vigueur.
Au total, 15 Palestiniens ont été tués, dont 6 identifiés comme membres du Hamas. L’enquête rejette formellement les accusations d’exécutions sommaires.
Concernant la gestion post-événement, les corps ont été rassemblés et recouverts à l’aube pour éviter qu’ils ne soient exposés et pour les protéger des combats. Le rapport conclut à une mesure »raisonnable » compte-tenu des circonstances. Par ailleurs, les véhicules ont été déplacés puis écrasés afin de permettre l’ouverture du couloir humanitaire où devaient passer des Gazaouis, une décision que l’enquête qualifie d’erronée.