Cette année aussi une cérémonie de commémoration conjointe israélo-palestinienne s’est tenue simultanément à Yaffo et à Beit Jala, près de Bethléem, à l’initiative des organisations »Combattants pour la paix » et »Forum des familles endeuillées » en parallèle du Yom Hazikaron.
À Raanana, la retransmission du rassemblement dans une synagogue réformiste a été perturbée par des manifestants. La protestation a donné lieu à des agressions physiques, des jets de pierres et un climat de peur généralisé.
»Ils ont lancé des pierres sur les fenêtres de la synagogue. Je suis une femme de 69 ans, j’ai une ecchymose au front, une griffure au bras, une autre au-dessus de l’œil. C’est inimaginable », a témoigné Orit Reznikov sur Ynet. Plusieurs participants ont été blessés, dont quatre policiers. La police a procédé à trois arrestations et a empêché les participants de sortir de la salle »pour éviter un lynchage », selon les forces de l’ordre.
La scène a choqué les élus présents. Shmuel Wegman, maire adjoint de Raanana, a parlé d’un »pogrom », tandis que sa collègue Ronit Vinteraub, également visée par des violences physiques, a déclaré : »C’est effrayant que cela puisse exister à Raanana et en Israël ».
À l’origine de cette tension, des appels à manifester avaient été lancés par l’organisation de droite B’Tsalmo, qui affirmait : »Nous n’autoriserons pas les soutiens au terrorisme à entrer à Raanana ». Pour les opposants, la diffusion de la cérémonie constituait une insulte à la mémoire des victimes israéliennes : »Ce soir, toutes les valeurs sionistes ont été bafouées à Raanana », a estimé le mouvement local Égaux à Raanana.
Standing Together, qui a organisé la cérémonie dans la ville, a dénoncé »l’agression organisée par une minorité extrémiste » et a réaffirmé son engagement : »Nous avons diffusé un message d’espoir et de reconnaissance de l’humanité de chacun, Israéliens et Palestiniens ».
La soirée a également été marquée par le témoignage de Liat Atsili, ex-otage à Gaza, dont le mari Aviv a été tué le 7 octobre. Elle a prononcé un discours lors de la cérémonie: »La liberté est un fardeau lourd, mais c’est la seule chose qui puisse instaurer la paix entre les hommes et fonder une société juste et morale », a-t-elle déclaré.
Revenant sur la tragédie vécue dans son kibboutz de Nir Oz, elle a confié : »Le 7 octobre, mon monde s’est effondré. Mais même sans rien contrôler, j’ai compris que je pouvais encore choisir quel être humain je voulais être ».