Eliya Cohen a été enlevé au festival de musique Nova et est resté otage du Hamas pendant 505 jours.

Réunis enfin avec ses parents après 505 jours, crédit : Tsahal
Il confie qu'il n’oubliera jamais le sourire sadique du terroriste qui a pénétré dans l’abri pour le kidnapper. "On était près de 30 dans un petit espace où des dizaines de grenades ont explosé. Aner Shapira, ce héros, se tenait à l’entrée. Moi, j’étais à l’intérieur, enseveli sous les corps. Quand il a été touché, j’ai compris que personne n’en sortirait vivant. Les terroristes sont entrés, j’ai fermé les yeux, persuadé qu’ils allaient tous nous abattre. Quand je les ai rouverts, j’ai vu un terroriste me tendre la main."
"Il a dû déplacer des corps pour m’extraire", poursuit-il. "Son sourire… c’est un moment qu’on ne peut pas effacer. Je ne comprends pas comment un être humain, avec un cœur et une âme, peut entrer dans un tel carnage, voir des corps mutilés, du sang partout, et sourire en filmant. Ce jour-là me hantera toute ma vie. Au début de ma captivité, je faisais des cauchemars récurrents. Je me réveillais en sursaut, comme si on me tirait une balle dans la tête. Mon corps était en état de choc."
Après l’enfer du kidnapping, a commencé une descente aux enfers de 18 mois, entre bombardements, faim permanente, humiliations et peur. La cache dans laquelle il était retenu a été ciblée par des frappes. Ses ravisseurs le menaçaient de l’exécuter si Tsahal s’approchait. Pourtant, renoncer n’était pas une option. "Je n’ai jamais envisagé de craquer", dit-il.
Il repousse pour l’instant les opérations nécessaires à sa jambe blessée d’une balle dès l’attaque de l’abri. "On m’a extrait la balle avec une pince à épiler et du fil à coudre, avant de m'endormir par injection. Physiquement, je suis encore blessé : plus de ligaments aux épaules, je les déboîte même en dormant, et je les remets moi-même. J’ai aussi des problèmes aux genoux et une perte d’audition."
C’est justement le jour de cette extraction que les ravisseurs ont annoncé une frappe imminente, et ont conduit les otages dans un sous-sol. La maison a été pulvérisée. "C’était notre premier jour à Gaza."
C’est à ce moment que s’est présentée une occasion d’évasion : "Encore une fois, on nous a dit qu’un bombardement arrivait. Les gardiens ont paniqué et nous ont laissés seuls. J’ai regardé les autres, je ne connaissais même pas encore leurs noms, et je leur ai dit : 'On s’enfuit, vous êtes sérieux ?'. C’était un instinct, une intuition. Et on s’est mis à courir dans la rue."