À la tête de la République islamique depuis 1989, l’ayatollah Ali Khamenei est la figure la plus puissante et la plus influente d’Iran. À 86 ans, cet homme à la fois religieux et politique incarne l’ossature du régime théocratique chiite. Pour Israël, qui le qualifie désormais d’« Hitler moderne », il est devenu l’ennemi numéro un. Benjamin Netanyahou affirme que l’éliminer mettrait un terme au conflit.
Un homme au pouvoir absolu
Né le 19 avril 1939 à Machhad, ville sainte du nord-est de l’Iran, Ali Khamenei est le deuxième d’une fratrie de huit enfants issus d’une famille cléricale. Très jeune, il embrasse la voie religieuse, étudie dans les hawzas de Qom et de Najaf, et se rallie aux idées de l’ayatollah Khomeini. Opposant farouche au régime du Shah Mohammad Reza Pahlavi, il est emprisonné à plusieurs reprises dans les années 60 et 70 pour ses activités subversives.
Après la révolution islamique de 1979, il gravit rapidement les échelons du nouveau pouvoir. Il est élu président de la République islamique de 1981 à 1989 — le premier religieux à occuper cette fonction — avant d’être désigné Guide suprême à la mort de Khomeini. Ce poste, le plus élevé du pays, lui confère un pouvoir absolu : il nomme les chefs des armées, les responsables judiciaires, les directeurs des médias d’État et même les membres du Conseil des gardiens. Tous les pouvoirs institutionnels — y compris ceux du président élu Massoud Pezeshkian — lui sont subordonnés.
Discret sur sa vie privée, il est marié à Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh et père de six enfants, dont plusieurs occupent des fonctions influentes dans le système.
L’homme derrière la stratégie régionale -et terroriste- de l’Iran
Ali Khamenei est considéré comme l’architecte de la stratégie d’« axe de résistance » : un réseau transnational d’alliances militaires et idéologiques englobant le Hezbollah au Liban, le régime de Bachar al-Assad en Syrie, les Houthis au Yémen et des milices chiites en Irak. Ce dispositif, encadré par les Gardiens de la Révolution et leur bras extérieur, la Force al-Qods, permet à l’Iran d’exercer son influence bien au-delà de ses frontières.