Dans la nuit de dimanche à lundi, plusieurs dizaines d'habitants des implantations ont manifesté devant la base militaire de la brigade régionale de Binyamin, non loin de Beit El. À l'origine de leur colère : l'incident survenu vendredi soir près du village palestinien de Ma'alé, au cours duquel des soldats de Tsahal avaient été attaqués par des habitants des implantations et un adolescent blessé par balles.
La situation a dégénéré, des jeunes, en majorité issus des avant-postes illégaux, ont agressé des soldats, vandalisé des véhicules militaires et tenté de pénétrer dans la base. Sur les pancartes brandies, on pouvait lire : « Le commandant de bataillon a trahi ». ou « Une kippa et des papillotes ne sont pas une raison pour tirer ». Selon Tsahal, l’un des manifestants a été blessé à l’œil, probablement par une grenade assourdissante lancée par la police des frontières, et a dû être évacué vers un hôpital.Dans un communiqué, le porte-parole de l’armée a dénoncé « tout acte de violence contre les forces de sécurité » et affirmé que Tsahal, la police et les unités de la police des frontières continueront à agir avec fermeté « contre toute tentative de porter atteinte à ceux qui assurent la sécurité des citoyens israéliens ». L’armée a précisé que les attroupements violents seraient systématiquement dispersés et les auteurs poursuivis.
Cette manifestation est un nouvel épisode du climat de tension croissante entre une frange radicale de la population israélienne en Judée-Samarie et l’armée. Elle s’inscrit dans une campagne virulente lancée ces derniers jours contre le commandant du bataillon 7114, le lieutenant-colonel G., pris pour cible après les événements de vendredi. Des photos de lui ont été diffusées sur les réseaux sociaux avec des légendes accusatrices telles que : « Il tire sur des Juifs et protège l’ennemi » ou encore "assassin".

"Assassin", réseaux sociaux