Le Parlement irlandais débat d’une mesure aux conséquences économiques quasi insignifiantes : interdire l’importation de produits agricoles -fruits, herbes, dattes, olives- provenant des implantations israéliennes en Judée-Samarie, pour un montant total de 214 000 euros en 2024.
Mais pour les élus, l’enjeu est ailleurs. « Même si cela ne représentait que 10 euros, la portée symbolique de cette loi est immense », a affirmé le président du Parlement, Seán Ó Fearghaíl. Le projet de loi, soutenu par plusieurs partis, est présenté comme un acte politique fort, après que l’Irlande a officiellement reconnu l’État palestinien l’an dernier.
Le texte interdit uniquement les importations de biens pour l’instant, mais une extension aux services pourrait suivre, sous réserve de validation juridique au regard des règles européennes.
Des pressions discrètes auraient été exercées, notamment par des diplomates américains sous l’administration Biden et par plusieurs États membres de l’UE, mais elles restent limitées à de la « curiosité diplomatique », selon un responsable du ministère des Affaires étrangères.
Ce projet législatif survient dans un contexte tendu avec Israël, qui a fermé son ambassade à Dublin en décembre dernier, dénonçant des « positions anti-israéliennes extrêmes » de l’Irlande, dont précisément ce boycott des produits des implantations.
Si la loi est adoptée, l’Irlande deviendrait le premier pays de l’Union européenne à instaurer un boycott unilatéral des produits issus des implantations israéliennes, une mesure au faible coût économique mais à forte résonance diplomatique.